Mbuji-Mayi, Kasaï-Oriental – 31 mars 2026 – Plusieurs centaines de femmes chargées de l’entretien des nouvelles routes asphaltées de Mbuji-Mayi réclament le paiement de leurs salaires et primes, non versés depuis neuf mois. Ces travailleuses, parmi lesquelles figurent des femmes du troisième âge, interviennent chaque jour dès 4 heures du matin pour balayer les artères de la ville diamantifère.
Certaines parcourent plus de six kilomètres à pied pour rejoindre leur secteur de travail, notamment le long du boulevard menant au rectorat de l’Université de Mbuji-Mayi. « Nous travaillons depuis bientôt huit ans sur ce boulevard. On fait l’appel nominal autour de 11h00, mais on ne nous donne rien », déplore l’une d’elles.
Le dossier est marqué par un renvoi de responsabilités entre la Fondation Saff Celé, responsable du recrutement, et l’hôtel de ville de Mbuji-Mayi. Cele Mutombo, responsable de la Fondation, affirme que le recrutement a été réalisé sous l’impulsion de la mairie et que c’est cette dernière qui doit définir le montant des paiements et libérer les fonds. De leur côté, les autorités municipales déclarent ne pas reconnaître ces engagements. Selon elles, la ville dispose déjà de sa propre brigade spéciale d’assainissement et n’a pas de contrat avec ces travailleuses.
Plusieurs balayeuses affirment avoir été directement sollicitées par le maire de Mbuji-Mayi pour participer à ces travaux d’intérêt public. Malgré l’absence de contrat formel ou de rémunération fixe, elles continuent d’entretenir les routes dans l’espoir d’une régularisation. À ce jour, aucune autorité n’a confirmé quand et par qui les salaires et primes seront effectivement versés. L’incertitude demeure, alors que les usagers de la route continuent de bénéficier quotidiennement du travail de ces femmes.
Par kilalopress