Belém (Brésil), COP30 — Lors d’un evenement parallele event intense et très suivi consacré à la lutte contre l’écocide, Josué Aruna, président de la société civile environnementale du Sud-Kivu, coordonnateur de la Congo Basin Conservation Society (CBCS) et ambassadeur congolais de justice écologique au sein du mouvement International Ecocide, a livré un plaidoyer profondément marquant pour la protection des écosystèmes du bassin du Congo.
Invité à co-animer ce panel organisé conjointement par International Ecocide et la CBCS, Aruna a replacé la situation de la République démocratique du Congo au cœur des débats mondiaux. « Quand nous parlons de l’eau en RDC, nous ne parlons pas d’une ressource naturelle, nous parlons de la vie elle-même », a-t-il rappelé devant un public attentif.
Il a décrit un pays dont l’identité est intimement liée à son immense forêt tropicale et à son puissant réseau fluvial. La forêt congolaise génère même des « rivières atmosphériques », ces flux d’humidité qui irriguent le continent africain. C’est cette interdépendance, entre forêts, eaux douces, océans et communautés, qui rend la préservation de ces écosystèmes vitale pour la RDC comme pour le monde.
Mais Josué Aruna a également dressé un constat alarmant. Les eaux congolaises — rivières, zones humides, affluents et cours d’eau invisibles au cœur de la forêt — font face à des menaces croissantes. L’un des exemples les plus frappants, qu’il a rappelé lors du panel, est survenu récemment dans la province du Haut-Katanga, où des poissons ont été retrouvés flottant à la surface d’une rivière après que des entreprises minières y ont déversé des produits toxiques. « Ce type d’événement détruit les écosystèmes aquatiques, pollue nos eaux douces qui alimentent le fleuve Congo, et le fleuve Congo se jette dans l’Atlantique. Nos eaux intérieures sont des symboles d’unité nationale », a-t-il insisté.
Il a rappelé que ces agressions environnementales s’ajoutent à la déforestation, à l’exploitation illégale des ressources et aux conflits armés à l’Est du pays, où l’eau et la forêt deviennent des victimes silencieuses. Les rivières contaminées priveraient déjà des milliers de familles d’eau potable, plongeant les communautés dans une extrême vulnérabilité et violant les droits fondamentaux des populations locales et autochtones.

Pour Josué Aruna, répondre à cette crise exige un courage politique clair et une responsabilité partagée. Il appelle à renforcer les pouvoirs des communautés locales, à reconnaître le rôle des peuples autochtones et à protéger les défenseurs environnementaux qui agissent au péril de leur vie. Il plaide également pour une réglementation stricte des industries extractives, la restauration des écosystèmes dégradés et une solidarité internationale à la hauteur du rôle du bassin du Congo, deuxième poumon de la planète.
Mais le point central de son intervention reste la reconnaissance de l’écocide comme crime international. Aruna a rappelé que la RDC est l’un des États moteurs, aux côtés du Vanuatu, dans l’initiative mondiale visant à inscrire l’écocide dans le Statut de Rome. Il a souligné le rôle du gouvernement congolais, notamment celui du ministre actuel de l’Environnement et même du président de la République, qui a évoqué ce combat lors de sa récente sortie médiatique. « Notre pays a pris l’initiative de fédérer l’Afrique et de convaincre d’autres gouvernements dans le monde pour que l’écocide soit reconnu au même titre que les autres crimes internationaux », a-t-il déclaré.
Pour lui, cette reconnaissance doit aussi se traduire dans la législation nationale congolaise, afin que les pollueurs de rivières ou les destructeurs de forêts puissent un jour être poursuivis. En RDC, où la destruction de la nature et la souffrance humaine sont intimement liées, ce combat n’a rien de théorique. Il s’agit d’un enjeu de survie, de dignité et de paix. Monsiuer Josué Aruna a rappelé que « l’eau nous relie entre pays, entre continents, entre océans et sa protection doit nous relier également ». À Belém, son message a résonné comme un appel vibrant : protéger l’eau et les forêts du Congo, c’est protéger l’avenir de l’humanité.
Par kilalopress