Moku, territoire de Watsa (Haut-Uélé) – Une scène pour le moins troublante s’est déroulée ce mois-ci dans la chefferie Mari Minza, en plein cœur de la province du Haut-Uélé. Lors d’une visite officielle marquée par une délégation imposante — incluant cinq ministres provinciaux et des gardes du corps, le gouverneur Jean Bakomito Gambu a ordonné la saisie violente de tapis utilisés pour extraire l’or de la boue dans un carré minier opéré par une coopérative locale.
Une action qualifiée de « pillage » et de « tracasserie » par les responsables de la structure, qui affirment pourtant détenir toutes les autorisations légales et contribuer régulièrement au Trésor public.
Selon des témoignages recueillis sur place, les équipes du gouverneur auraient confisqué entre 3 et 6 kilogrammes d’or, estimés à plusieurs dizaines de milliers de dollars, sous prétexte de lutter contre l’exploitation illégale. Pourtant, la coopérative incriminée clame avoir respecté les procédures : « Nous payons les taxes, nous avons des documents en règle. Cette opération est une humiliation », dénonce un responsable sous anonymat, évoquant une « stratégie d’intimidation »
Cette intervention intervient dans un contexte où Jean Bakomito multiplie les mesures drastiques contre les mines illégales, notamment celles impliquant des opérateurs étrangers souvent chinois accusés de détourner des permis artisanaux pour des activités semi-industrielles destructrices. Le gouverneur justifie habituellement ses actions par la nécessité de protéger l’environnement et les revenus provinciaux, arguant que « les retombées économiques sont nulles » face à des rivières « pratiquement détruites »
Si la lutte contre les pratiques minières illicites est légitime la société civile dénonce depuis des mois la destruction des écosystèmes et la complicité présumée d’autorités , cette dernière opération soulève des questions. Pourquoi cibler une coopérative qui déclare contribuer aux caisses de l’État ? Les méthodes employées, décrites comme brutales, alimentent les soupçons de dérive autoritaire.
selon certqines sources de Watsa, « Le gouverneur joue un double jeu : il brandit l’étendard écologique tout en asphyxiant les petits acteurs légaux », accuse un membre d’une ONG locale, rappelant que Bakomito avait pourtant promis de « maximiser les retombées pour les communautés » lors d’une réunion en août 2024.
Le territoire de Watsa, riche en or mais fragilisé par des années d’exploitation anarchique, devient le théâtre d’un bras de fer entre autorités et exploitants. En janvier 2025, Bakomito a déjà suspendu les activités de plusieurs coopératives, pointant leur recours à des engins lourds et leur collusion avec des intérêts étrangers. Toutefois, cette nouvelle affaire risque d’envenimer les relations avec les acteurs locaux, qui réclament davantage de transparence.
Jean Bakomito, souvent salué pour sa fermeté contre les mines illégales15, voit aujourd’hui son image entachée par des accusations de zèle excessif. Alors que la province du Haut-Uélé tente de se reconstruire entre guerre et crise écologique, cet incident rappelle cruellement que la lutte pour la légalité ne doit pas se transformer en instrument d’oppression. En ce jour, la coopérative menace de porter plainte, tandis que la société civile exige une enquête indépendante sur les pratiques du gouvernorat. L’or confisqué sera-t-il restitué ? Le gouverneur garde le silence.
Par kilalopress