Le Programme de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Réinstallation Sociale (P-DDRCS)
de la République démocratique du Congo a organisé une série d’ateliers de sensibilisation pour l’accueil des éléments rendus dans les communautés des différentes zones de retour. Cette initiative, qui s’est tenue du 4 au 5 octobre 2023 à Mangina, a réuni plus d’une cinquantaine de participants venus des différentes couches de la population et des leaders des groupes armés dans la région de Beni, au Nord-Kivu.

L’objectif était de Sensibiliser les leaders présents à s’approprier le processus de Désarmement-Demobilisation, en appui au Comité de Suivi des Engagements des Dialogues avec les Leaders de Groupes Armés tenus en août, dialogues au cours desquels les parties prenantes s’étaient engagés à encourager les membres de groupes armés à adhérer au DD et les communautés à accueillir ceux qui seront candidats à la réinsertion après leur Démobilisation. Plusieurs thèmes ont été abordés, notamment la compréhension du concept de « rendu » et les conditions nécessaires à ce processus.

Omar Kavota, chef d’antenne du PDDRC-S Beni, a dans son speech souligné l’importance de la remise des armes et des effets militaires dans le cadre du programme.“Sachez tous que, il n’y a pas de rendu sans remise d’arme et ni des effets militaires”. Il a saisi cette opportunité pour appelé les chefs des groupes armés à maintenir leurs engagements et à soutenir la volonté du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, pour la réussite de ce programme de stabilisation dans le Grand Nord-Kivu. Un autre aspect discuté lors de l’atelier était l’utilisation de modes alternatifs de résolution des conflits dans le contexte du retour des ex-combattants dans la communauté.
L’organisation Interpeace, à travers ses animateurs de la zone a présenté des stratégies de médiation et de réconciliation. Le PDDRC-S dispose actuellement un seul site pour le Désarmement, le Site de Mambango où sont hébergés près de 150 combattants intéressés à rejoindre le programme. Après leur Démobilisation ils seront reinsérés dans leurs communautés respectives en tant que des civils.

Les participants ont également été informés sur le statut des groupes armés étrangers et nationaux, leurs capacités actuelles, ainsi que les défis auxquels le PDDRC-S est confronté en ce qui concerne les groupes armés illégaux dans la zone. Des avancées significatives réalisées par ce programme gouvernemental ont été dévoilées et discutées, notamment en ce qui concerne les procédures opérationnelles permanentes du PDDRC-S.
Lors de l’atelier, un jeune ex-combattant du groupe Kyandenga, surnommé Rasta, a pris la parole pour partager son expérience.
«Je suis ravi de prendre la parole devant vous aujourd’hui, car je suis actuellement l’enfant chéri du PDDRC-S, et je me sens valorisé. J’ai été l’un des grands guerriers du groupe Kyandenga, mais mon désarmement me redonne espoir de pouvoir servir mon peuple, loin de penser à l’armée. Je souhaite être utile et aider ma communauté à se reconstruire et se développer. Cependant, il y a d’autres jeunes combattants qui hésitent à se joindre à moi. Ils m’appellent souvent pour me demander si je ne suis pas empoisonné ou si je suis bien traité dans le site de retour. Aujourd’hui, je leur lance un message d’appel à se rendre, car la vie dans le groupe armé est vraiment pénible. Il a également évoqué les inquiétudes des autres jeunes combattants qui hésitent à se rendre, craignant d’être empoisonnés ou maltraités dans les sites de retour. Rasta a lancé un appel à la communauté pour les accueillir favorablement »Ma question devant vous aujourd’hui, chers membres de la communauté : si je viens vers vous, êtes-vous prêts à nous accueillir ?» s’est-il exprimé.

Le Chef d’antenne du PDDRC-S a exhorté les participants à s’impliquer sérieusement dans cette sensibilisation et à soutenir les ex-combattants dans leur réintégration. Un atelier similaire est prévu dans la région de Ruwenzori.
Ces activités bénéficient du soutien technique et financier d’Interpeace, dans le cadre du consortium d’appuis à la médiation pour la résilience et la paix en Ituri et dans le Grand Nord-Kivu. Ce projet, financé par l’Union européenne depuis 2022, vise à favoriser la réconciliation et la consolidation de la paix dans ces régions en proie aux conflits.
La rédaction