Sud-Kivu : les riziculteurs de Kamanyola évaluent les pratiques agroécologiques pour une agriculture durable

Kamanyola, Sud-Kivu – Durant deux jours, du 30 au 31 juillet, une vingtaine de riziculteurs venus de différentes coopératives agricoles de la plaine de la Ruzizi se sont réunis à Kamanyola pour analyser les résultats d’une recherche sur les pratiques agroécologiques menée depuis l’année dernière. Cette démarche vise à promouvoir une riziculture durable, respectueuse de l’environnement et adaptée aux réalités locales.

Encadrée par le docteur Papy Lwango Frédéric, responsable de la production agricole chez Rikolto, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet CANALLS, financé par l’Union européenne. Le projet est mis en œuvre au Sud-Kivu par un consortium d’organisations locales et internationales : Apdik, Rikolto, Inera, IITA, GAST et l’Université Catholique de Bukavu (UCB).

« L’objectif est de permettre aux producteurs agricoles d’interpréter les résultats issus des recherches sur les bio-pesticides et autres pratiques agroécologiques, afin qu’ils puissent se les approprier, les améliorer et les adapter à leur contexte », explique Dr Lwango.

Les agriculteurs ont notamment mis en lumière plusieurs obstacles à une riziculture durable dans la région : la sécheresse récurrente, les changements climatiques, la présence de ravageurs et l’appauvrissement des sols. Ces contraintes freinent les rendements et menacent la sécurité alimentaire des communautés rurales.

Face à ces défis, les participants ont échangé sur les innovations testées, dont l’utilisation de bio-pesticides naturels, les techniques de conservation des sols, et des pratiques culturales plus résilientes. L’ambition est claire : produire un riz de qualité, à forte valeur agroécologique, tout en protégeant l’environnement et en accédant aux marchés internationaux grâce à une meilleure structuration de la filière locale.

L’atelier, qui s’est tenu dans la salle des réunions de l’ancien groupement de Kamanyola, a également connu la participation d’experts de la division provinciale de l’Agriculture du Sud-Kivu, ainsi que de l’inspecteur territorial de Walungu. Ensemble, ils ont amorcé les discussions sur une seconde phase du projet, visant à consolider les acquis et à étendre les pratiques validées à d’autres zones. Pour les producteurs, cette collaboration directe entre chercheurs, ONG et agriculteurs constitue une avancée vers une agriculture plus résiliente et intégrée dans les dynamiques écologiques et économiques actuelles.

Par wendo Joés

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