Transition juste pour qui, si la COP30 ne débloque pas les financements nécessaires ?

La COP30 a adopté un mécanisme de transition juste, mais sans le financement indispensable pour le rendre crédible. Pour des experts congolais interrogés par Kilalopress, cette contradiction transforme le concept en slogan vide : comment la RDC peut-elle sortir du charbon de bois, protéger ses communautés et financer des alternatives sans soutien international réel ?

L’idée d’une transition juste séduit, mais reste inopérante si les pays les plus vulnérables ne disposent pas des moyens pour adapter leurs économies. En RDC, 90 % des ménages dépendent encore du bois-énergie ; la modernisation du système électrique nécessiterait plus de 4 milliards de dollars d’investissements selon la Banque mondiale. Or la COP30 n’a apporté ni nouveaux fonds, ni vision financière coordonnée.
Des spécialistes congolais soulignent une incohérence structurelle : sans fonds pour renforcer les institutions locales, pas de lutte efficace contre la fraude forestière ; sans subventions à l’énergie propre, les alternatives resteront hors de portée pour les ménages ; sans investissements dans l’agriculture résiliente, la pression sur la forêt continuera d’augmenter.
Les exemples ne manquent pas. Dans le Sankuru, l’absence de routes et d’électricité empêche la mise en place de chaînes de valeur durables. À Kinshasa, les delesatege permanents et le manque du courant dans plusisuers quartiers poussent des milliers de familles à retourner au charbon. Dans le nord-kivu, les déplacés vivant dans les camps utilisent les dernières forêts du parc de Virunga pour survivre.
La transition juste nécessite des infrastructures, des emplois, des filets sociaux, des formations techniques et tout cela a un coût. Pour les analystes ayant contacté Kilalopress, l’absence de financement transforme l’annonce de Belém en « promesse creuse » qui pourrait même être dangereuse : si les pays comme la RDC doivent financer seuls la transition, ils risquent de se tourner vers l’exploitation pétrolière et minière pour compenser, aggravant encore la crise climatique.

Par kilalopress

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