Apple rattrapé par un contentieux sur les « minerais de conflit » en RDC

Kinshasa, 27 novembre 2025 — Le géant technologique Apple fait face à une nouvelle tempête judiciaire aux États-Unis. Une plainte déposée à Washington accuse l’entreprise d’avoir utilisé des minerais provenant de zones contrôlées par des groupes armés en République démocratique du Congo (RDC), en violation supposée des normes internationales d’approvisionnement responsable. Apple rejette catégoriquement ces allégations, affirmant respecter scrupuleusement les standards éthiques et n’utiliser que du cobalt recyclé.

Selon Reuters, l’action en justice a été introduite par l’organisation américaine International Rights Advocates (IRAdvocates), spécialisée dans la lutte contre les violations des droits humains. La plainte déposée devant la Superior Court of the District of Columbia affirme que la chaîne d’approvisionnement d’Apple continuerait d’inclure du cobalt, du tungstène, du tantale et de l’étain associés à des réseaux de contrebande et à des exploitations minières sous contrôle armé, aussi bien en RDC qu’au Rwanda.

Réagissant aux accusations, Apple insiste sur le fait qu’elle ne s’approvisionne plus en minerais provenant directement de la RDC ou du Rwanda, en raison de l’insécurité persistante liée notamment à l’offensive du groupe armé M23. L’entreprise qualifie les affirmations d’IRAdvocates de « sans fondement » et rappelle que 76 % du cobalt utilisé dans ses appareils en 2024 provenait de sources recyclées, comme l’a indiqué un porte-parole dans une déclaration relayée par Reuters.

Apple souligne également que son Supplier Code of Conduct impose « les normes de traçabilité les plus strictes de l’industrie », avec des rapports publics réguliers sur l’origine des matériaux utilisés.

La plainte d’IRAdvocates cite plusieurs fonderies chinoises, dont Ningxia Orient, Jiujiang JinXin et Jiujiang Tanbre, accusées de traiter du coltan provenant de mines capturées par des groupes armés dans l’Est de la RDC. Ce minerai aurait été acheminé clandestinement via le Rwanda, selon des enquêtes menées par des experts des Nations unies et par l’ONG Global Witness, également citées dans la procédure judiciaire.

Cette affaire intervient alors que l’Est de la RDC reste secoué par l’avancée du M23, un mouvement rebelle déjà au cœur de nombreuses alertes internationales. D’après plusieurs rapports relayés par Reuters, le groupe a revendiqué en janvier la prise de Goma, provoquant de nouveaux déplacements massifs et ravivant la crainte d’une déstabilisation régionale. Kinshasa, appuyé par les États-Unis et les Nations unies, accuse Kigali de soutenir le M23 — des accusations fermement rejetées par le Rwanda. Des initiatives de médiation menées par le Qatar et les États-Unis sont en cours.

Un rapport publié en octobre, également cité par Reuters, indique que les rebelles auraient pillé au moins 500 kg d’or après leur prise de la mine de Twangiza en mai, un butin évalué à près de 70 millions de dollars.

Par kilalopress

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