Kabare, Sud-Kivu — À Bugorhe et Irhambi-Katana, deux groupements situés au nord de Bukavu, un mouvement inédit prend forme : les communautés locales se mobilisent pour redonner vie aux rives de la rivière Lwiro, un cours d’eau vital pour la région mais aujourd’hui affaibli par la dégradation et la pollution.
Cette action s’inscrit dans le projet “Restoring Lwiro River Watershed for Climate Resilience and Sustainable Livelihoods”, financé par TerraFund dans le cadre de l’initiative panafricaine AFR100. Elle est portée par le Front Commun pour la Protection de l’Environnement et des Espaces Protégés (FCPEEP), en partenariat avec l’ARCOS Network, spécialisé dans la gestion durable des écosystèmes.
Longue de 27 kilomètres, la Lwiro prend sa source dans les marais de Musisi, au sein du parc national de Kahuzi-Biega. Elle traverse des zones de cultures vivrières, des plantations de café et des champs de canne à sucre. Pour les habitants, elle est plus qu’un simple cours d’eau : c’est à la fois une source d’irrigation, d’eau domestique et de vie.

Mais ses berges, c’est-à-dire les bandes de terre qui longent son lit, sont gravement abîmées. Lorsqu’elles disparaissent, la rivière déborde plus facilement, provoquant des inondations qui détruisent les champs et parfois les maisons. Dans certaines parties, les sols se détachent en blocs, un phénomène appelé érosion, qui fragilise encore davantage les terres agricoles.
La restauration engagée par FCPEEP et ses partenaires consiste à planter des arbres le long des rives. Les racines retiennent la terre, limitent l’effondrement du sol et filtrent l’eau de pluie avant qu’elle n’atteigne la rivière, ce qui réduit la pollution. Ce travail simple mais efficace permet aussi de ramener de l’ombre, de la biodiversité et d’améliorer les rendements agricoles. Les habitants participent eux-mêmes aux plantations. En comprenant que la santé de la rivière conditionne leur propre sécurité alimentaire, ils deviennent acteurs de leur avenir.

Cette initiative locale s’inscrit dans une vision plus large : l’initiative AFR100, qui vise à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées d’ici 2030 en Afrique. La rivière Lwiro devient ainsi un exemple concret de solutions locales face aux effets du changement climatique.
« Restaurer la Lwiro, c’est restaurer notre avenir », résume un membre du comité local. Chaque arbre planté n’est pas seulement un geste pour l’environnement, mais aussi une promesse de sécurité et de dignité pour les générations futures.
Par kilalopress