RDC – Remaniement du gouvernement Suminwa II : Marie Niange Ndambo succède à Eve Bazaiba et apporte un nouveau souffle à l’environnement grâce à son expertise

C’est une nomination qui n’a laissé personne indifférent dans les cercles environnementaux : Marie Niange Ndambo, professeure formée à l’Université Laval au Canada, a été propulsée au rang de ministre de l’Environnement à la faveur du remaniement du gouvernement Suminwa II. Peu connue du grand public, elle est pourtant une figure de proue du plaidoyer écologique en République démocratique du Congo, saluée pour sa rigueur intellectuelle et sa connaissance fine des enjeux de terrain.

Loin des profils politiques classiques, Marie Niange Ndambo s’est construite dans l’arène exigeante de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur. Depuis plus de deux décennies, elle façonne la réflexion autour de la gestion durable des ressources naturelles. Dans les amphis comme dans les forums internationaux, elle n’a cessé de plaider pour une écologie adaptée au contexte congolais, réaliste mais ambitieuse. Cette trajectoire universitaire donne une couleur inédite à sa nomination. Elle incarne une forme de rupture avec les logiques partisanes : le choix d’une technicienne, capable d’articuler action publique et expertise scientifique. Et dans un pays dont le sous-sol et les forêts attisent autant les convoitises que les alertes environnementales, ce profil inspire espoir et exigence.

Son arrivée est interprétée comme un signal fort de la part du gouvernement : faire de l’environnement un pilier de la stratégie nationale de développement. De nombreuses ONG et acteurs de la société civile ont salué ce choix, espérant que l’expertise de la ministre se traduira par des réformes concrètes, loin des effets d’annonce. Elle pourra s’appuyer sur la ministre déléguée Arlette Bahati Tito, en charge de l’Économie du Climat, pour donner corps à une action gouvernementale cohérente et multisectorielle. Car aujourd’hui, l’écologie ne peut plus se penser en silo : elle doit irriguer l’agriculture, les mines, la foresterie, et jusqu’aux finances publiques.

Marie Niange Ndambo succède à Eve Bazaiba, dont le bilan reste marqué par des avancées majeures : adoption d’une politique nationale de l’environnement, mise en place de cadres juridiques, renforcement du plaidoyer international pour la protection des forêts du Bassin du Congo. Mais si la nouvelle ministre s’inscrit dans cette continuité, elle doit aussi imprimer sa propre marque, en osant l’innovation, en renforçant la gouvernance locale, et en luttant contre la corruption endémique qui gangrène la gestion des ressources.

Déforestation accélérée, exploitation illégale des minerais, vulnérabilité climatique, pressions croissantes sur la biodiversité : le décor est planté. Mais c’est aussi dans ce chaos que peut naître une stratégie de résilience. Pour cela, il faudra conjuguer rigueur scientifique, courage politique, et engagement citoyen. Le défi de Marie Niange Ndambo est immense, mais son parcours en fait une ministre hors du commun. À elle de démontrer qu’une autre gouvernance environnementale est possible : plus transparente, plus inclusive, et surtout, plus ancrée dans les réalités congolaises. La RDC, « poumon vert » du monde, pourrait alors devenir un modèle de transition verte pour tout le continent.

Par kilalopresss

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