Le Directeur général du Cadastre Minier (CAMI), Popol Mabolia, a présenté le bilan des activités menées au cours du premier semestre 2025 et les perspectives pour les mois à venir, lors d’un café de presse tenu à Kinshasa. Cette rencontre s’inscrit dans une démarche de recevabilité, de transparence et de dialogue avec les parties prenantes du secteur minier congolais.
Du côté administratif, plusieurs actions ont été entreprises. Le CAMI a finalisé son manuel des procédures administratives et financières, et conclu un partenariat avec Rawsur Assurance pour la prise en charge des indemnités de fin de carrière du personnel. L’achat d’un nouvel immeuble pour accueillir les services du Cadastre Minier ainsi que la réhabilitation de son bâtiment historique sur le boulevard du 30 Juin ont également été annoncés, tout comme l’inauguration d’un nouveau bâtiment du CAMI dans le Haut-Katanga.
Le DG Mabolia a souligné l’importance accordée à la représentativité des femmes au sein de l’institution : elles représentent 34 % du personnel, avec 45 % occupant des postes de responsabilité. Leur participation a été visible à des événements comme Makutano 2025, le forum Zénith Woman Up, ainsi qu’à la marche de soutien aux FARDC.
Sur le plan financier, le CAMI affirme fonctionner sous le contrôle de l’Inspection Générale des Finances (IGF), avec l’instauration de commissaires aux comptes, et la transmission régulière des rapports de gestion à la tutelle, au conseil d’administration et à la Cour des comptes. Une hausse des redevances minières a été enregistrée en 2024 et 2025 par rapport à 2023, attribuée à l’application stricte du Code minier.
Sur le volet technique, la suspension de l’octroi de droits miniers a été maintenue dans les zones classées « rouges », notamment celles sous occupation du M23. En 2024, la province du Tanganyika s’est distinguée par sa contribution au trésor public grâce à ses gisements de lithium, tandis que le Lualaba et le Haut-Katanga concentrent 66 % des carrés miniers octroyés au premier semestre 2025, en raison des importantes réserves de cuivre et de cobalt.
Pour renforcer la transparence, le CAMI a mis à jour son site internet (www.cami.cd), intégré de nouveaux outils comme le journal du cadastre minier et un cahier d’enregistrement des demandes. L’assainissement du fichier cadastral reste en cours, en conformité avec les exigences du Code minier révisé.
Popol Mabolia a rappelé la vision du Chef de l’État Félix Tshisekedi, exprimée dans son adresse à la Nation du 14 novembre 2023, axée sur la rentabilisation des ressources minières au profit de la population. Dans ce cadre, 594 droits miniers expirés ont été radiés, représentant plus de 31 000 km². En parallèle, 219 titres sous statut de force majeure ont été régularisés, et 58 titulaires ont été identifiés pour la mise en œuvre de l’obligation de cession de 10 % de parts à l’État. Les certificats d’exploitation sont désormais sécurisés par un QR code intégré.
Les perspectives pour le deuxième semestre 2025 incluent la digitalisation complète des données cadastrales, l’utilisation de drones pour le bardage des périmètres miniers, l’introduction de l’intelligence artificielle pour le suivi des obligations, et la contribution à la vulgarisation du Code minier à travers des cafés juridiques, notamment à Kalemie. Le CAMI prévoit également la décharge de 221 titulaires et poursuit la mise à jour de son site internet ainsi que la formation de son personnel.
Le DG Mabolia a présenté une synthèse sur les ressources nationales : la RDC est le premier producteur mondial de cobalt, le deuxième pour le cuivre, et détient les premières réserves mondiales de cobalt. Toutefois, la production reste dominée par cinq grandes entreprises : Tenke Fungurume Mining, MMG, SCM et CMOC (chinoises), Glencore (suisse) et Ivanhoe (canadienne). L’État congolais bénéficie de la redevance minière, de certains impôts et d’une part des dividendes.
La province du Haut-Uélé a été citée comme un exemple dans la création d’entreprises minières locales. Le CAMI recommande d’investir une partie des redevances minières dans la recherche géologique pour rendre viables les Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) et renforcer les capacités provinciales.
En ce qui concerne les entreprises publiques, le CAMI en dénombre cinq principales, détenant au total 300 droits miniers : Gécamines (118), SCMK-Mn (38), Sakima (35), COMINIERE (10), et OKIMO (28). La question de leur capacité à exploiter efficacement l’ensemble de ces périmètres reste en discussion, notamment dans le cadre de la mise en place des ZEA.
Le Directeur des services géologiques, Raoul Wazenga Vitiima, a précisé que les recherches minières se poursuivent sur le terrain, pilotées par des géologues, avec le soutien ponctuel de l’intelligence artificielle. Il a souligné la complémentarité entre les services géologiques et le CAMI, tout en rappelant le décret de la Première ministre fixant les zones de recherche sous leur responsabilité. Enfin, le Président du Conseil d’administration du CAMI, Crispin Bindule, a invité les investisseurs étrangers à renforcer leur présence en RDC, affirmant que « la place est disponible pour tous », en référence à la coopération actuelle avec les partenaires américains et chinois.
Par kilalopress