Lubumbashi, août 2025 — C’est une saisie qui donne froid dans le dos. Près de 200 kilogrammes d’ivoire, dissimulés dans des colis soigneusement emballés, ont été interceptés dans la capitale économique du Haut-Katanga. Valeur estimée sur le marché noir international : 400 000 dollars. Mais au-delà des chiffres, ce sont des éléphants qu’on n’entendra plus jamais barrir.
Dans une région déjà marquée par la pression sur les ressources naturelles, ce coup de filet révèle à quel point le trafic d’espèces protégées continue de prospérer dans l’ombre, souvent avec la complicité de réseaux bien organisés, parfois transfrontaliers. L’origine précise des défenses saisies n’a pas encore été officiellement confirmée, mais tout laisse penser qu’elles proviennent du sud du pays, peut-être même du parc national de Kundelungu ou de ses alentours, zones connues pour leur faune menacée.
Cette opération, menée par les services de sécurité en collaboration avec des ONG spécialisées dans la lutte contre le braconnage, expose un marché souterrain aussi lucratif qu’impuni. Pendant que les éléphants disparaissent à une vitesse alarmante, les réseaux criminels, eux, peaufinent leurs itinéraires : les défenses traversent les provinces, passent les frontières, échappent aux radars officiels, avant d’atterrir en Asie, où l’ivoire se vend comme une pierre précieuse.
Mais la vraie question est ailleurs : qui protège les protecteurs ? Les écogardes, souvent mal payés, parfois non formés, se battent contre des mafias mieux armées qu’eux. Les lois existent, les conventions internationales aussi. Mais combien d’arrestations débouchent réellement sur des sanctions ? Et combien d’animaux doivent encore être massacrés avant que les autorités prennent ce fléau à bras-le-corps ?
Dans le cas de Lubumbashi, aucun nom n’a encore été publié, aucun réseau clairement démantelé. Une saisie sans suite judiciaire serait une victoire creuse. Car tant que le trafic d’espèces restera plus rentable que risqué, le braconnage continuera d’avancer à visage découvert. Et pendant ce temps, la RDC, qui devrait être un sanctuaire de biodiversité, s’enfonce dans un paradoxe cruel : abondante en faune, mais absente dans sa protection.
Par kilalopress