Le Gouverneur du Nord Kivu Critiqué pour son Silence Face aux Menaces sur le Parc de Virunga et les défenseurs environnementaux

Face à l’envahissement du parc de Virunga et aux menaces des défenseurs environnementaux, certains observateurs s’interrogent sur le silence du gouverneur du Nord Kivu.

Depuis le début de ce mois de février 2024, certains habitants de Goma dans la province du nord kivu se questionnent sur cette prise de position du gouverneur de cette province, qui semble ne pas enquêter sur le dossier de Nzulo, alimentant ainsi des inquiétudes croissantes.

Selon les analyses effectuées à la rédaction de Kilalopress le 07 février 2024, la population du Nord Kivu exprime son mécontentement face à l’inaction du gouverneur sur le dossier de Nzulo, qui continue de défrayer la chronique. Les habitants fustigent le fait que le général Ndima Constant, prédécesseur du général Chirimwami, se soit réservé d’autoriser l’occupation de Nzulo par les envahisseurs et autres acteurs animés de mauvaise foi pour spolier le parc de Virunga. Cette attitude suscite des soupçons de corruption, comme l’a souligné Bienfait Kamabu, habitant de Keshero. De plus, Se confiant à la presse le mardi 30 janvier, le commandant adjoint du CorPPN en charge de l’administration et de la logistique, le général Benoit Kisuki Mathe, a déclaré que le gouverneur militaire du Nord-Kivu est en possession de la décision de justice qui interdit les constructions dans la partie du parc des Virunga située dans le village de Nzolu mais ne veut pas la faire appliquer. « C’est étonnant de voir comment les tracteurs sont en train d’ouvrir des avenues à Nzulo alors que le gouverneur est en possession de l’arrêt de la cour d’appel de Tanganyika. On nous informe qu’il était là mais il n’a fait aucune communication. En sa qualité de gouverneur, représentant du chef de l’Etat dans cette partie du pays, il ne peut pas permettre que les gens s’installent dans un parc », a-t-il dit. L’absence de réaction du gouverneur, malgré les correspondances adressées par les organisations de la société civile environnementale, démontre un désintérêt inquiétant pour une affaire mettant en danger la vie des défenseurs de l’environnement, comme l’ont décrié ces derniers sur les ondes de la radio Okapi le 07 février.

D’autres analystes vont jusqu’à craindre l’implication de personnes hautement gradées dans la spoliation du parc, suggérant qu’elles auraient visité les parcelles à Nzulo en connivence avec les occupants spoliateurs, et auraient même bénéficié de parcelles dans cette zone, malgré les dénonciations. Ces allégations soulèvent des questions quant à l’intégrité de certains acteurs au sein de l’appareil gouvernemental.

Les ONG de la société civile chargées de la protection de l’environnement ont alerté sur les menaces de mort proférées contre les défenseurs de l’environnement, appelant le gouvernement provincial à assurer leur sécurité et à prendre des mesures urgentes pour les protéger.Saisie par l’ICCN, la cour d’appel de Tanganyika a rendu en avril 2023 un arrêt annulant toutes les décisions antérieures que brandissent 5 personnes qui prétendent être propriétaires de 1110 hectares des terres dans la partie du parc des Virunga qui se trouve à Nzulo. L’ancien gouverneur militaire, le lieutenant-général Constant Ndima, avait même autorisé à l’ICCN de procéder à l’exécution de cette décision judiciaire.

La responsabilité du gouverneur du Nord Kivu est clairement mise en cause dans cette affaire. Son silence et son inaction face aux menaces sur le parc de Virunga et aux défenseurs de l’environnement soulèvent des préoccupations légitimes au sein de la population. Il est impératif que des mesures concrètes soient prises pour enquêter sur ces allégations, assurer la sécurité des acteurs environnementaux menacés, et restaurer la confiance de la population envers les autorités provinciales. L’avenir du parc de Virunga et la sécurité de ceux qui le défendent dépendent de la réactivité et de l’intégrité des responsables politiques.

Franck zongwe.

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