RDC : la société civile appelle Mme Nyange Ndambo à rompre avec l’ère Bazaiba et à se défaire des anciens techniciens qui ont contribué à l’échec de la gouvernance environnementale

RDC- La nomination d’une nouvelle équipe à la tête du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de l’Économie du climat marque une étape cruciale pour la République Démocratique du Congo. Ce ministère, longtemps au cœur des enjeux climatiques, forestiers, miniers et de biodiversité, est désormais appelé à jouer un rôle central dans le développement durable du pays. L’attente est immense, mais elle s’accompagne d’une exigence claire : il est temps de rompre avec les pratiques du passé et d’engager une transformation en profondeur de la gouvernance environnementale.

L’un des défis majeurs reste l’assainissement des circuits de décision au sein du ministère. Trop souvent, des intérêts personnels, parallèles, informels ou politiques ont orienté les priorités environnementales au détriment de l’intérêt général. Aujourdhui plusiuers congolais esperent que la nouvelle gouvernance devra se construire sur les principes de transparence, de redevabilité et d’indépendance des décisions. Il ne peut y avoir de protection de l’environnement sans une gouvernance assainie.

Les structures internes du ministère doivent également être réévaluées et renforcées. Certaines directions techniques sont devenues inactives, d’autres souffrent de chevauchements ou de manque de coordination. Un audit administratif complet, suivi d’une réorganisation des services, est indispensable pour rendre l’administration plus efficace, cohérente et orientée vers les résultats. Cela passe également par la valorisation des compétences, la mobilité interne, et une culture de performance.

Il est essentiel de ne pas reconstruire sur du sable. Une évaluation impartiale des politiques, programmes et réformes menés jusqu’ici est nécessaire. Cette démarche permettra d’identifier les réussites à consolider, les échecs à corriger, et les pratiques à abandonner. L’évaluation ne doit pas être perçue comme une chasse aux fautes, mais comme un outil de progression et d’apprentissage institutionnel.

Une gouvernance durable doit aussi s’appuyer sur la diversité des savoirs et des expériences. Les mêmes visages et les mêmes réseaux ne peuvent continuellement monopoliser la parole et les décisions. Le ministère gagnerait à intégrer davantage des jeunes experts et universitaires, des femmes engagées dans la conservation et l’agriculture durable, des leaders communautaires issus des zones touchées par la déforestation ou la pollution, ainsi que des acteurs innovants de la société civile et du secteur privé. L’environnement est l’affaire de tous ; la gouvernance doit en refléter la pluralité.

La nouvelle gouvernance ne pourra se limiter à des réformes juridiques ou à des déclarations internationales. Elle devra produire des résultats tangibles pour les populations. Les priorités sont claires : lutter contre l’insalubrité dans les grandes villes, renforcer la gestion des déchets, développer l’éducation environnementale de proximité ; accompagner les communautés dans la restauration des terres dégradées grâce à des programmes de reboisement viables ; et enfin, renforcer les capacités de contrôle pour mettre fin à l’exploitation illégale et à l’impunité écologique. Ces actions concrètes renforceront la légitimité du ministère et créeront un lien direct entre politique environnementale et bien-être des citoyens. Le contexte actuel offre une opportunité historique. Certains analystes fustigent que la RDC, pays au cœur des enjeux climatiques mondiaux, ne peut se contenter de discours. Ces derniers pensent que le pays doit démontrer, par une gouvernance nouvelle, qu’elle est capable de concilier souveraineté, développement et durabilité. Cela nécessite du courage politique, une vision claire, et l’audace de bousculer les anciennes pratiques pour bâtir un avenir plus vert, plus juste et plus crédible.

Par Kilalopress 

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