La France et la République démocratique du Congo ont signé lundi à Kinshasa un mémorandum d’entente sur la préservation des forêts, par l’entremise d’Eléonore Caroit et de Marie Nyange, ministres en charge de l’environnement et des partenariats internationaux. L’accord vise à renforcer la coopération technique et financière pour lutter contre la déforestation et appuyer la gestion durable des forêts congolaises, deuxième poumon vert de la planète.
Dans l’enceinte du ministère congolais de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, un geste diplomatique à portée environnementale a été posé lundi à Kinshasa. La ministre déléguée française chargée de la Francophonie et des partenariats internationaux, Eléonore Caroit, et la ministre congolaise de l’Environnement, Marie Nyange, y ont apposé leurs signatures au bas d’un mémorandum d’entente consacré à la préservation des forêts de la République démocratique du Congo. L’acte s’inscrit dans une séquence officielle de trois jours marquant la visite de la responsable française dans la capitale congolaise, entamée la veille.
Selon des sources proches du dossier, la rencontre entre les deux responsables ministérielles s’est voulue avant tout opérationnelle, dans un contexte où les engagements internationaux en faveur des forêts tropicales se heurtent régulièrement à des défis de mise en œuvre sur le terrain. Le texte signé vise à encadrer une coopération renforcée entre Paris et Kinshasa autour de la protection des massifs forestiers congolais, souvent décrits par les scientifiques comme l’un des piliers de l’équilibre climatique mondial. Avec ses forêts classées au rang de deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, la RDC occupe une position stratégique dans les débats globaux sur le climat et la biodiversité. À en croire certaines analyses, ces écosystèmes jouent un rôle déterminant dans la régulation des cycles climatiques, le stockage du carbone et la survie de milliers d’espèces, tout en soutenant les moyens de subsistance de millions de personnes. C’est cette réalité écologique et humaine que le mémorandum entend prendre en compte, du moins sur le papier.

Le document prévoit, d’après les informations communiquées à l’issue de la signature, une mobilisation de moyens techniques et financiers pour appuyer des programmes de lutte contre la déforestation. Il est également question d’accompagner les populations locales dans des initiatives de gestion durable des ressources forestières, un volet souvent présenté par les experts comme crucial pour éviter que les politiques de conservation ne se fassent au détriment des communautés riveraines.
Des observateurs du secteur environnemental relèvent toutefois que ce type d’accord bilatéral s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par les engagements climatiques internationaux, où la crédibilité se mesure moins à la solennité des signatures qu’à la capacité à traduire les intentions en actions mesurables. En RDC, où les pressions liées à l’exploitation forestière, minière et agricole restent fortes, la mise en œuvre effective de tels partenariats demeure un enjeu central. Cet engagement franco-congolais intervient à un moment où la protection des forêts tropicales est de plus en plus perçue comme une urgence partagée, dépassant les cadres nationaux. Reste désormais à savoir, comme le confient des acteurs locaux du secteur environnemental, comment ce mémorandum se traduira concrètement sur le terrain congolais, entre impératifs de conservation, attentes sociales et réalités économiques.
Par kilalopress