Les autorités communales de Lemba ont organisé, dimanche, une journée d’assainissement destinée à sensibiliser les commerçants à l’entretien de leur environnement dans cette commune du centre de Kinshasa. L’initiative, portée par la Brigade d’assainissement de la maison communale, visait à encourager l’adoption durable de pratiques de salubrité.
Au cœur de la commune de Lemba, dans le centre de Kinshasa, l’activité dominicale n’a pas suivi son cours habituel. Dimanche, les étals et les artères commerciales ont servi de cadre à une journée d’assainissement initiée par les autorités municipales, avec pour cible prioritaire les commerçants, acteurs centraux de la production quotidienne des déchets urbains.
Selon des sources locales, cette opération visait moins une action ponctuelle de salubrité qu’un rappel à l’ordre civique, dans une commune régulièrement confrontée à l’accumulation d’ordures, à l’obstruction des caniveaux et aux risques sanitaires qui en découlent. Dans un contexte urbain marqué par une croissance démographique rapide et des infrastructures d’évacuation souvent défaillantes, l’entretien du milieu reste un défi structurel pour de nombreuses municipalités de Kinshasa.
La Brigade d’assainissement de la maison communale de Lemba a porté le message au plus près du terrain. Son coordonnateur, Luza Kibaka, a expliqué la philosophie de l’initiative, insistant sur la dimension éducative de la démarche. « Aujourd’hui, c’est une journée d’assainissement. Raison pour laquelle, nous avons voulu sensibiliser nos commerçants à l’entretien du milieu, pour qu’ils s’inculquent cette culture d’assainissement », a-t-il déclaré. Des propos qui traduisent, à en croire certains observateurs, la volonté des autorités locales de déplacer le débat de la simple répression vers la responsabilisation des usagers de l’espace public.
D’après nos recoupements, les commerçants de Lemba constituent un maillon stratégique dans la gestion environnementale de la commune. Leurs activités génèrent quotidiennement des volumes importants de déchets plastiques, organiques et d’emballages, souvent abandonnés à même le sol faute de dispositifs de collecte réguliers. Cette situation alimente non seulement la dégradation du cadre de vie, mais accentue aussi la vulnérabilité des populations face aux maladies hydriques et aux inondations saisonnières, dans une ville où les pluies intenses deviennent de plus en plus imprévisibles sous l’effet du changement climatique. Sur le terrain, l’opération s’est voulue pédagogique. Balais, pelles et sacs à déchets ont accompagné les échanges entre agents communaux et vendeurs, dans une atmosphère que des acteurs du secteur décrivent comme globalement réceptive, bien que marquée par des attentes fortes en matière de suivi. Car, rappellent plusieurs commerçants interrogés en marge de l’activité, la pérennité de l’assainissement dépendra autant des comportements individuels que de la capacité des autorités à organiser la collecte et l’évacuation des déchets.
À Lemba comme ailleurs à Kinshasa, ces journées d’assainissement s’inscrivent dans une dynamique plus large de lutte contre l’insalubrité urbaine. Elles posent toutefois une question de fond : comment transformer des actions symboliques en politiques locales durables, capables de répondre aux enjeux environnementaux, sanitaires et sociaux d’une mégapole en constante expansion ? Pour l’heure, les autorités communales misent sur la sensibilisation, espérant que l’inculcation progressive d’une « culture d’assainissement » finira par s’enraciner dans les pratiques quotidiennes. Reste à savoir si cette ambition trouvera, dans la durée, les moyens institutionnels et logistiques nécessaires pour dépasser le stade des bonnes intentions.
Par kilalopress