RD Congo : un programme national de reforestation pour les 145 territoires

Kinshasa. – La République démocratique du Congo (RDC), qui concentre à elle seule plus de 60 % des forêts du bassin du Congo, annonce une initiative d’envergure pour renforcer sa résilience face au changement climatique. La ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, Professeure Marie Nyange Ndambo, a confirmé le lancement prochain du programme « La forêt c’est nous », une campagne de reforestation visant l’ensemble des 145 territoires du pays.

Cette annonce a été faite à New York, lors de la célébration du dixième anniversaire du Fonds pour l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique centrale (CAFI), mécanisme multilatéral regroupant dix bailleurs internationaux et déjà crédité de près de 1 milliard de dollars mobilisés pour la protection des forêts et le développement durable dans la région.

En dressant le bilan de cette coopération, la ministre a mis en avant trois avancées majeures pour la gouvernance environnementale de la RDC. L’actualisation du plan national d’aménagement du territoire en 2020 a abouti à une loi intégrant pour la première fois la protection des droits des peuples autochtones, un jalon essentiel pour la gestion inclusive des forêts. À cela s’ajoute l’adoption d’un nouveau régime foncier, validé par le Conseil des ministres, qui devrait réduire les conflits liés à l’accès à la terre et favoriser une meilleure allocation des espaces agricoles et forestiers. Enfin, CAFI a soutenu la réforme agricole, dans une logique de réduction de la pression sur les forêts par l’intensification raisonnée de l’agriculture et la diversification des moyens de subsistance.

La ministre Nyange a insisté sur l’importance d’une intégration de la RDC au conseil d’administration de CAFI, afin d’améliorer la traçabilité des financements et de fluidifier leur accès. La décision a été validée et prendra effet lors de la COP30. Profitant de cette tribune, elle a dévoilé les contours du futur programme « La forêt c’est nous », qui sera lancé avant cette conférence internationale. L’ambition est de reboiser l’ensemble du territoire national grâce à une approche intégrée combinant cartographie participative, indicateurs mesurables et mobilisation communautaire.

Plus de 900 ingénieurs forestiers seront déployés sur le terrain pour accompagner les territoires en tenant compte de leurs spécificités écologiques et sociales. « Ce programme se veut une réponse concrète aux défis de déforestation et un levier de développement pour les communautés locales », a déclaré la ministre. L’initiative vise à restaurer la couverture forestière tout en créant des opportunités socio-économiques pour les populations rurales, en lien avec les engagements climatiques de la RDC.

Les forêts congolaises représentent un puits de carbone stratégique pour l’équilibre climatique mondial. Selon les experts, elles absorbent chaque année près de 1,5 milliard de tonnes de CO₂, soit l’équivalent des émissions annuelles de l’Union européenne. La réussite de ce programme pourrait donc contribuer de manière significative aux objectifs de l’Accord de Paris. Pour les communautés, les bénéfices attendus incluent une amélioration de la sécurité alimentaire par l’agroforesterie, la création d’emplois verts liés aux filières bois-énergie durable, la protection des ressources en eau et des sols, ainsi qu’une réduction des conflits liés à la terre grâce à une meilleure gouvernance foncière. Depuis sa création, CAFI revendique déjà des résultats tangibles : plus de 13 millions de bénéficiaires directs et près de 164 millions de tonnes de CO₂ évitées. Avec « La forêt c’est nous », la RDC entend désormais changer d’échelle et inscrire la forêt comme levier central d’une nouvelle économie verte et inclusive.

Par kilalopress

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