Mambasa, 30 septembre 2025 – L’apparition inhabituelle d’une meute de léopards estimée à une dizaine d’individus sur la colline CIDIP, située entre les villages Mayuano et Masange, dans la chefferie de Babila-Bakwanza (territoire de Mambasa, Ituri), plonge les habitants dans une inquiétude grandissante.
Selon la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), qui a tiré la sonnette d’alarme, ces félins constituent une menace directe pour la sécurité des communautés locales et leurs activités agricoles.
Le signalement remonte à dimanche dernier, lorsqu’un groupe de chasseurs pygmées s’est retrouvé face à face avec les animaux. Pris de panique, ils ont aussitôt rebroussé chemin. Alertés, plusieurs cultivateurs de la zone ont confirmé avoir observé une femelle accompagnée de sept petits, ainsi qu’un mâle adulte.
« La proximité de la colline avec les champs et les habitations accroît la peur des villageois. Nous demandons à la population d’être vigilante et aux autorités de prendre des mesures rapides pour éviter un drame », a déclaré Abdulatife Yaise Alexandre, coordonnateur de la NSCC à Mambasa.
Face à cette situation, les autorités locales disent avoir sollicité l’appui de la Réserve de Faune à Okapis (RFO) afin de capturer ou de déplacer ces animaux. Mais aucune intervention concrète n’a encore eu lieu, laissant planer un climat d’angoisse parmi les habitants.
L’inquiétude est d’autant plus forte qu’un précédent incident reste vif dans les mémoires : à Mayuano, un léopard jugé « mystérieux » avait attaqué et tué près de trente chèvres avant de disparaître, grâce à l’intervention du chef coutumier Daniel Betuma et de la population mobilisée.
À moins de cinq kilomètres des villages concernés, la colline CIDIP est désormais perçue comme une zone à haut risque. La société civile appelle non seulement à une action rapide des services spécialisés, mais aussi à l’implication des autorités coutumières, certains habitants allant jusqu’à redouter la présence de « léopards mystiques ». Pour la NSCC, l’absence d’une réponse immédiate pourrait transformer cette cohabitation forcée entre communautés et grands félins en un nouveau drame.
Par kilalopress