Quand un droit fondamental devient un luxe, la colère et l’indignation doivent être le cri de ralliement. À Goma, l’eau potable, cette substance vitale qui coule généralement dans nos robinets, est devenue aussi précieuse que l’or. Même dans nos pires cauchemars, nous ne pensions pas qu’un jour, les citoyens de Goma seraient confrontés à une telle crise humanitaire.
Goma, une ville située dans la province du Nord-Kivu, est en proie à une crise de l’eau potable depuis une semaine qui met en danger la vie de ses habitants. Le silence des autorités face à cette situation est non seulement déconcertant, mais aussi criminel. Quand les citoyens doivent se réveiller à 4 heures du matin et parcourir plus de trois kilomètres pour obtenir de l’eau potable, cela est inacceptable.
La Coordination des laïcs catholiques (CLC) diocèse de Goma a fait appel au Gouverneur militaire du Nord-Kivu, le lieutenant-General Ndima Kongba Constant, pour prendre des mesures urgentes. La CLC a suggéré l’installation de deux points d’approvisionnement en eau dans chaque quartier de Goma. Cependant, il est clair que cette solution n’est que temporaire et ne résout pas le problème de fond.
Le site de Mont Goma, construit par Mercy Corps il y a trois ans, demeure inexploité, une véritable aberration face à la crise actuelle. Pourquoi l’autorité provinciale ne l’a-t-elle pas rendu opérationnel pour résoudre cette pénurie d’eau ?
Face à cette crise, les habitants de Goma sont confrontés à une multitude de risques : noyades, kidnappings, viols, accidents de la circulation et maladies liées à l’hygiène. Le manque d’eau potable n’est pas seulement une question de confort, mais une question de survie.
La CLC a également invité Kinshasa à mobiliser ses partenaires pour financer des projets qui faciliteraient l’accès à l’eau potable à la population du Nord-Kivu, et plus particulièrement à la ville de Goma. Mais jusqu’à présent, les appels à l’action restent sans réponse.
Il est grand temps que les autorités prennent leurs responsabilités. La vie des citoyens de Goma est en jeu. Le peuple a le droit de se demander pourquoi ses dirigeants continuent de faire la sourde oreille face à une telle crise.
La pénurie d’eau à Goma doit être une priorité pour le gouvernement. Le peuple de Goma a assez souffert. Il est temps d’agir, de faire preuve d’humanité et de respecter les droits fondamentaux de chaque citoyen.
Cette situation critique exige une action rapide et décisive. Les autorités doivent prendre des mesures immédiates pour garantir l’accès à l’eau potable pour tous. C’est une question de vie ou de mort. Il est donc impératif que le gouvernement prenne conscience de la gravité de la situation et agisse en conséquence. Le peuple de Goma ne peut plus attendre.
Magloire Tsongo, à Goma