Kinshasa : la pollution impliquée dans 12 % des décès, selon l’analyste Obed Tshilomboji

À Kinshasa, l’écrivain et analyste social Obed Tshilomboji a déclaré que la pollution environnementale serait liée à environ 12 % des décès enregistrés dans la capitale. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse au Centre culturel de Wallonie-Bruxelles, selon ses propos.

C’est dans ce contexte que l’écrivain et analyste social Obed Tshilomboji s’est exprimé face à la presse au Centre culturel de Wallonie-Bruxelles. La rencontre, organisée à Kinshasa, a servi de cadre à une lecture critique de l’état environnemental de la ville, présenté comme un cumul de défaillances structurelles plutôt que comme une fatalité naturelle. D’après ses propos, la pollution ne constitue pas un phénomène isolé, mais s’inscrit dans un enchevêtrement de fragilités sociales, énergétiques et économiques qui accentuent les risques pour les populations les plus exposées.

L’analyste a notamment mis en lumière la situation des conducteurs de motos-taxis, communément appelés wewa, pris dans un étau économique. « Notre ombre collective, c’est la pollution qui étouffe Kinshasa. À cela s’ajoute la pauvreté énergétique qui fragilise le pouvoir d’achat des conducteurs de motos-taxis, contraints de consacrer près de la moitié de leurs revenus au carburant », a-t-il déclaré. Une observation qui, à en croire certains observateurs urbains, illustre la manière dont les contraintes énergétiques alimentent indirectement les pressions environnementales, notamment par le recours à des carburants de mauvaise qualité et à des engins vétustes.

Cette prise de parole intervenait à l’occasion de l’annonce du prochain vernissage de Au cœur de Kinshasa, une tétralogie dans laquelle Obed Tshilomboji explore les dimensions sociales, culturelles, économiques et environnementales de la capitale. L’ouvrage, selon les éléments présentés, se veut à la fois descriptif et analytique, en s’appuyant sur des scènes de la vie quotidienne pour rendre compte des déséquilibres qui traversent la société kinoise et, au-delà, congolaise.

Au fil de son intervention, l’auteur a élargi son propos aux maux structurels du pays, citant la pollution, le chômage et l’informalité économique comme des facteurs interdépendants. Sans détailler de programme opérationnel, il a néanmoins évoqué des pistes de réflexion fondées sur une responsabilisation accrue des acteurs publics et privés, ainsi que sur une prise de conscience individuelle. « La pollution est une véritable gangrène mortelle. La combattre doit devenir une priorité absolue pour tous les habitants de Kinshasa », a-t-il affirmé, insistant sur l’urgence d’actions concrètes, tout en reconnaissant la complexité des leviers à mobiliser.

Dans une projection plus prospective, Obed Tshilomboji a également avancé que la valorisation du patrimoine culturel et artisanal congolais pourrait générer jusqu’à 100 milliards de dollars américains sur les cinq prochaines années, à condition, selon lui, de rompre avec l’informalité et l’invisibilité économique qui caractérisent encore largement ces secteurs. Une estimation ambitieuse qui, d’après certaines analyses, suppose des réformes profondes en matière de structuration des filières, de gouvernance et de cadre réglementaire.

Cette vision, a-t-il souligné, s’inscrirait dans la volonté affichée par le chef de l’État de positionner la République démocratique du Congo comme un « pays-solution », capable de transformer ses ressources culturelles, humaines et naturelles en leviers de développement durable. Reste que, sur le terrain, la pollution continue de rappeler, jour après jour, que la transition vers un modèle urbain plus sain et plus inclusif demeure un chantier ouvert, où les enjeux environnementaux ne peuvent plus être dissociés des réalités sociales et économiques de Kinshasa.

Par kilalopress

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