Le 28 janvier, la Journée internationale de la coexistence pacifique, instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies, est observée en République démocratique du Congo avec l’implication du GTCRR. Proclamée le 4 mars 2025 par la résolution A/RES/79/269, cette journée vise à promouvoir le vivre-ensemble et la réduction des conflits, selon les Nations Unies.
Derrière l’intitulé consensuel, le message porté par cette journée se veut transversal. Il s’agit, selon les textes de référence, d’encourager la capacité des sociétés à composer avec leurs différences — culturelles, linguistiques, religieuses, sociales ou politiques — sans que celles-ci ne dégénèrent en tensions ou en conflits ouverts. À en croire certaines analyses, l’initiative onusienne dépasse le seul cadre diplomatique : elle interpelle aussi les dynamiques locales, communautaires et interindividuelles, là où se cristallisent souvent les incompréhensions et les violences du quotidien. La réduction des conflits n’est ainsi pas pensée uniquement entre États, mais aussi au sein des sociétés, dans leurs quartiers, leurs villages et leurs territoires.
Dans des pays comme la République démocratique du Congo, où les enjeux de cohésion sociale se croisent avec ceux de l’accès aux ressources naturelles, de la pression foncière et de la gouvernance environnementale, la notion de coexistence pacifique prend une résonance particulière. Selon des observateurs du secteur environnemental, la gestion des écosystèmes — notamment forestiers — constitue à la fois un facteur de tensions et un levier potentiel d’apaisement, lorsqu’elle est inclusive et équitable. Les conflits liés à l’exploitation des terres, à la reconnaissance des droits coutumiers ou à l’exclusion des communautés locales illustrent combien la paix sociale et la durabilité écologique sont étroitement liées.
C’est dans ce contexte que certaines organisations actives sur ces questions, à l’instar du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR), inscrivent la Journée internationale de la coexistence pacifique dans leur propre lecture stratégique. D’après les documents de référence de cette structure, sa vision à l’horizon 2050 est de contribuer à l’amélioration durable des conditions de vie et à la participation effective des femmes, des jeunes, des communautés locales et des peuples autochtones pygmées, à travers une gestion durable des écosystèmes forestiers, présentée comme un facteur d’équilibre climatique à l’échelle planétaire. Une approche qui, selon des sources locales, entend lier la question de la paix sociale à celle de la justice environnementale et de l’inclusion.
À ce titre, le GTCRR affirme, dans ses prises de position, son attachement à une coexistence pacifique fondée sur l’inclusion, le respect des droits et la justice sociale, dans la perspective d’un monde qu’il décrit comme plus sûr, solidaire et durable. Si ces déclarations relèvent du registre institutionnel, elles s’inscrivent néanmoins dans un débat plus large sur la capacité des acteurs environnementaux à jouer un rôle stabilisateur dans des contextes fragiles. Reste que, sur le terrain, comme le confient des acteurs communautaires, la traduction concrète de ces principes dépend moins des journées symboliques que de la manière dont les politiques publiques et les initiatives locales parviennent, ou non, à concilier préservation des écosystèmes, reconnaissance des droits et apaisement des relations sociales.
Par kilalopress