Kinshasa étouffe sous les déchets : le président Félix-Antoine Tshisekedi exprime sa colère et rappelle son serment de sauver les villes du Congo

Kinshasa, 15 millions d’âmes, capitale vibrante mais meurtrie. Ville de contrastes où l’espoir se fraie un chemin entre les collines, mais aussi ville qui suffoque aujourd’hui sous des montagnes d’ordures. Ce vendredi 14 novembre, lors du Conseil des ministres, le président Félix-Antoine Tshisekedi n’a pas seulement exprimé une inquiétude : il a laissé éclater une indignation profonde, presque une blessure. Son message a résonné comme un cri du cœur adressé à tout un pays.

Le Chef de l’État a dénoncé un « manque de suivi manifeste » dans la gestion de la salubrité publique. Les mots sont lourds. Le ton, grave. Et pour cause : l’insalubrité a atteint un niveau si alarmant qu’il en devient insoutenable, indigne d’une capitale africaine qui aspire à la modernité.

Dans plusieurs quartiers, les images parlent d’elles-mêmes : tas d’immondices abandonnés comme des collines improvisées, marchés noyés dans la boue et les détritus, caniveaux bouchés jusqu’à déborder, sacs plastiques emportés par les pluies pour finir leur course dans les rivières. Ce chaos environnemental n’est plus seulement un désordre visuel, c’est une menace sanitaire, sociale, et même morale. Et face à cela, le président Félix Tshisekedi semble avoir rappelé un serment oublié par nombre de gestionnaires publics. Le jour de son investiture pour son second mandat, il avait placé l’assainissement de toutes les villes de la RDC parmi ses trois grandes priorités nationales. Aujourd’hui, il constate que cette priorité est trahie par la nonchalance, l’abandon ou l’incompétence de certains responsables.

« Ce que nous voyons dans nos avenues, dans nos marchés, dans nos cours d’eau, témoigne d’un abandon inacceptable », a martelé le Président, par la voix de son porte-parole.
« Les conséquences sont dramatiques : pollution de l’environnement, maladies, dégradation du cadre de vie… C’est une situation qui n’a que trop duré. »

Sa colère s’est accompagnée d’une annonce claire : une réunion élargie sera convoquée dans les prochains jours. Y prendront part les services techniques, les autorités provinciales et les structures d’assainissement, pour une évaluation sans complaisance et des décisions qui devront marquer un tournant. Le Président a aussi prévenu, sans détour : toute institution, toute autorité, tout responsable reconnu coupable de négligence ou de manquement dans la salubrité publique s’exposera désormais à des sanctions. Pour plusiuers congolais Ce n’est plus une menace. C’est un ultimatum.

Car Kinshasa ne peut plus attendre. Les provinces non plus. Matadi à Mbandaka, de Mbuji-Mayi à Kisangani, la crise de l’assainissement ronge le pays depuis des années, alimentée par une urbanisation galopante, un manque de moyens mais aussi il faut le dire une absence chronique de rigueur dans l’exécution des missions publiques. Dans les artères de la capitale comme dans les ruelles des villes de province, la saleté tue à petit feu : elle tue la santé, elle tue l’image du pays, elle tue le quotidien des familles. Et dans son indignation, Tshisekedi semble avoir porté aussi la douleur des Kinois et des Congolais qui vivent cette réalité, parfois dans l’indifférence de leurs dirigeants directs.

L’heure est venue d’agir, et d’agir fort. Pas pour plaire à un chef d’État, mais pour rendre dignité à un peuple qui ne demande qu’à vivre dans un environnement sain. Si le message du Président frappe si fort, c’est qu’il rappelle une vérité simple : aucun développement n’est possible dans un pays qui croule sous ses déchets. Aujourd’hui, le Congo attend que cette indignation présidentielle devienne une renaissance environnementale. Et que l’assainissement ne soit plus un slogan, mais un chantier national irréversible.

Par kilalopress

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