Belém 2025 : L’AFSA dévoile une initiative majeure pour sauver le Bassin du Congo et transformer l’agriculture africaine

À Belém, en marge de la COP30, l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA) a fait sensation en dévoilant son Initiative pour la Biodiversité, le Climat et l’Agroécologie du Bassin du Congo (COBCAI). Présentée le 12 novembre 2025 par une délégation conduite par Anne Maina et Cathy Mboyangawo, cette initiative a été soumise à la ministre congolaise de l’Environnement, avec un message clair : la protection du Bassin du Congo doit désormais s’articuler autour des communautés qui en dépendent et d’une transition agroécologique juste.

L’AFSA rappelle que le Bassin du Congo, deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie et pilier du climat planétaire, traverse une période critique. Comme l’a souligné Cathy Mboyangawo, présidente de la SOCEARUCO et point focal AFSA en RDC, la région fait face à une dégradation écologique inquiétante : déforestation massive, agriculture sur brûlis en hausse, pratiques agricoles non durables, exploitation désordonnée des ressources minières et forestières. Ces pressions conduisent à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, à la destruction des habitats naturels, à des conflits croissants entre humains et faune sauvage, ainsi qu’à l’effondrement progressif des moyens de subsistance de plus de 60 millions de personnes, dont les peuples autochtones et communautés locales. Dans un contexte d’instabilité politique et de pauvreté persistante, la situation menace autant les équilibres locaux que le climat mondial.

C’est dans cette perspective que le COBCAI a été conçu comme un projet régional structurant, déployé dans six pays — Cameroun, Centrafrique, RDC, République du Congo, Guinée équatoriale et Gabon — avec l’ambition de restaurer d’ici 2035 un équilibre entre conservation des forêts tropicales, droits humains et sécurité alimentaire. L’originalité de l’initiative réside dans son approche centrée sur les communautés : agriculteurs familiaux, peuples autochtones, femmes, jeunes, organisations locales, chercheurs, décideurs et acteurs privés. L’agroécologie est placée au cœur de cette transformation, comme une réponse durable permettant de restaurer les sols, renforcer la souveraineté alimentaire et réduire les tensions liées à l’accès aux ressources naturelles.

L’impact social attendu est considérable. L’initiative prévoit de toucher directement 129 000 personnes — dont 34 000 hommes, 35 000 femmes, 30 000 jeunes hommes et 30 000 jeunes femmes — et d’impliquer indirectement plus de 1,35 million de bénéficiaires. Les groupes concernés vont des petits producteurs aux organisations de la société civile, en passant par les services publics, les communautés locales, les institutions religieuses, les centres de recherche ou encore les médias. Cette diversité illustre l’ambition d’un programme qui se veut autant inclusif que transformateur.

Le COBCAI intègre également un volet essentiel d’analyse et de prévention des conflits liés aux terres et aux ressources, afin de renforcer le dialogue communautaire et de promouvoir des solutions durables fondées sur la paix et la coopération. Le programme repose sur un renforcement massif des capacités locales, une gouvernance participative basée sur un suivi-évaluation mené avec les communautés, et l’intégration de solutions innovantes adaptées aux besoins évolutifs du terrain. L’initiative se veut flexible, évolutive et étroitement connectée aux réalités villageoises, afin de garantir sa pertinence et son efficacité.

À travers cette initiative, l’AFSA envoie un signal fort : l’avenir du Bassin du Congo — et au-delà, la stabilité climatique mondiale — dépendra de la capacité à redonner aux populations locales les moyens de gérer durablement leurs terres et leurs forêts. En misant sur l’agroécologie, la justice sociale et la souveraineté alimentaire, l’organisation propose une voie africaine qui protège l’environnement tout en renforçant la dignité des communautés.

Le Bassin du Congo apparaît ainsi comme un véritable laboratoire d’avenir, où se dessine une transition écologique exemplaire. Avec le COBCAI, l’AFSA s’impose une fois de plus comme une actrice clé dans la défense de la biodiversité, la sécurité alimentaire et la justice climatique en Afrique.

Par kilalopress

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