Depuis des mois, la ville de Mbuji-Mayi est le théâtre d’une crise énergétique sans précédent, conséquence directe de la gestion calamiteuse de la société Énergie du Kasaï (ENERKA) et de son partenaire tchèque, SEKO. Les agents d’ENERKA, exaspérés par quatre mois d’arriérés de salaire, ont manifesté le 4 février en brûlant des pneus devant l’entrée principale de l’entreprise, dénonçant l’indifférence flagrante de leurs dirigeants.
Cette situation n’est pas nouvelle. En novembre 2024, les travailleurs avaient déjà saisi le gouverneur de province, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, pour dénoncer une discrimination salariale orchestrée par SEKO. Malgré les promesses faites lors d’une réunion en septembre 2024 par Vlastimil Sedlacek, le patron de SEKO, les engagements n’ont jamais été tenus, laissant les agents de Mbuji-Mayi sans ressources, tandis que ceux de Tshiala étaient rémunérés. Le gouverneur, dans une tentative désespérée de calmer la situation, a convoqué une réunion d’urgence le 4 février, exigeant la présence du responsable de SEKO pour une évaluation des contrats en vigueur avec ENERKA. Il a appelé les travailleurs à reprendre leurs activités, promettant un dénouement rapide. Mais ces promesses sonnent creux face à l’inaction persistante des autorités provinciales.
La conséquence directe de cette gestion désastreuse est la plongée de Mbuji-Mayi dans l’obscurité. Les grèves répétées des agents d’ENERKA ont entraîné des coupures d’électricité massives, affectant non seulement les ménages, mais aussi les services essentiels comme la distribution d’eau par la REGIDESO et les médias locaux. Certains habitants contactés pensent qu’il est temps de pointer du doigt la responsabilité de SEKO, qui, au lieu d’investir et d’améliorer les infrastructures énergétiques, a semé la discorde au sein du personnel d’ENERKA. Leur incapacité à honorer leurs engagements financiers et leur mépris flagrant pour les travailleurs locaux sont inacceptables.
Les autorités provinciales, en particulier le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo, doivent cesser de se contenter de paroles vides et prendre des mesures concrètes pour résoudre cette crise. Il est impératif de réévaluer le partenariat avec SEKO et de s’assurer que les droits des travailleurs d’ENERKA soient respectés.
Par kilalopress