COP30 : les communautés d’Ituri déposent une déclaration coup-de-poing pour défendre leur biodiversité

Bunia, novembre 2025- À l’approche de la COP30, les communautés locales, peuples autochtones, organisations paysannes et jeunesses d’Ituri ont rendu publique une déclaration forte, appelant la communauté internationale à revoir la gouvernance climatique en y intégrant pleinement les gardiens historiques du Bassin du Congo. Leur message, articulé avec précision, place la justice climatique et la protection intégrée de la biodiversité au cœur des priorités.

“L’Ituri n’est pas seulement une forêt”, rappellent les signataires, qui décrivent leur territoire comme un écosystème total, fait de rivières, lacs, collines, savanes, sols fertiles, faune, flore et savoirs traditionnels. Ils affirment exercer une responsabilité sacrée de protection, tout en refusant de rester les oubliés des politiques climatiques.

Dans leur texte, les communautés soulignent la richesse écologique unique de l’Ituri, l’un des territoires les plus diversifiés du Bassin du Congo.
Mais cette richesse est fragilisée par l’exploitation minière, forestière et pétrolière non durable, la déforestation, la chasse excessive, la pollution des cours d’eau et l’exclusion persistante des populations locales dans la gouvernance environnementale.

Le paradoxe est clair : alors que leurs forêts absorbent le carbone du monde, les habitants vivent dans la précarité. Les signataires rejettent l’idée d’une conservation qui sacrifie les communautés pour préserver la nature. La déclaration énonce une série de demandes précises adressées à la COP30 et au Gouvernement de la RDC.

Une reconnaître le rôle central des communautés. Les peuples autochtones et communautés locales ne souhaitent plus être considérés comme des bénéficiaires, mais comme des partenaires essentiels. Leurs savoirs traditionnels doivent être intégrés dans toutes les politiques de conservation. Ensuite, une Garantir la justice climatique.Les pays industrialisés sont appelés à respecter leurs engagements financiers et leur dette écologique envers les peuples du Bassin du Congo. Les communautés demandent que ces ressources soient accessibles directement, sans lourdeurs administratives.

Aussi , une protéger toute la biodiversité, pas uniquement les forêts. La déclaration insiste sur une conservation globale incluant les rivières, lacs, zones humides, savanes, terres agricoles et aires communautaires, afin de préserver la cohérence des écosystèmes. Mettre fin aux activités extractives destructrices. Les signataires réclament un moratoire sur les projets miniers, pétroliers et forestiers dans les zones écologiquement sensibles tant que les droits humains et les normes environnementales ne sont pas respectés.

Soutenir les alternatives économiques durables. Ils défendent des initiatives locales fondées sur l’agroforesterie, la reforestation écologique, la pêche responsable, l’écotourisme et les produits forestiers non ligneux pour garantir des moyens de subsistance compatibles avec la préservation de l’environnement. Les lacs Albert et Édouard ainsi que les rivières Ituri et Nepoko doivent être mis à l’abri de la pollution industrielle, du mercure et de la surexploitation. La déclaration appelle à une gouvernance environnementale partagée, incluant des structures locales telles que le FORED, pour renforcer la gestion durable des écosystèmes.

Dans la dernière partie de leur texte, les communautés d’Ituri affirment ne plus accepter que la biodiversité soit protégée sans elles.
Elles dénoncent les politiques qui transforment leurs terres en “réserves” tout en laissant leurs enfants dans la faim et l’exclusion. Elles réclament une transition écologique juste, équitable et inclusive, fondée sur une alliance entre science et tradition, justice et dignité humaine.
“Écoutez la voix de l’Ituri, cœur battant du Bassin du Congo. Reconnaissez la valeur de nos territoires vivants. Soutenez les communautés qui protègent la vie.”

Avec cette déclaration, déposée à l’occasion de la COP30, les communautés d’Ituri rappellent que sans elles, aucune stratégie climatique ne peut prétendre sauver la biodiversité ni garantir un avenir commun.

Par kilalopress

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