Bas-Uele : 28 ressortissants chinois expulsés pour pillage d’or et diamants – le gouverneur Mokeni frappe fort pour protéger les petits paysans

Le gouverneur du Bas-Uele, Mike-David Mokeni, a pris ce vendredi 13 février 2026 une décision qui marque un tournant dans la gestion des ressources minières de la province : l’expulsion immédiate de 28 ressortissants chinois, soupçonnés d’avoir mené des activités d’exploitation illégale d’or et de diamants à Amadi.

Selon la cellule de communication du gouvernorat, ces individus ont été appréhendés en flagrant délit dans plusieurs sites aurifères et diamantifères, mettant en lumière la persistance de pratiques clandestines qui défient la législation nationale. Parmi les concernés, 11 agents seraient affiliés à la société Kikandja et 17 à Oasis, deux structures régulièrement pointées dans les rapports locaux pour leur implication présumée dans des activités minières non déclarées. Le gouverneur Mokeni a présenté cette mesure non pas comme une sanction ponctuelle, mais comme l’expression d’une politique claire de primauté de la loi congolaise sur les intérêts économiques étrangers. « Nous protégeons nos richesses naturelles et défendons prioritairement les intérêts des populations du Bas-Uélé », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’une exploitation transparente et conforme au Code minier de la RDC.

Cette décision intervient après plusieurs mises en garde adressées à l’ambassadeur de Chine en RDC, lesquelles confirment la détermination de l’autorité provinciale à éradiquer les fraudes minières sur son territoire. À en croire certains observateurs, elle pourrait aussi constituer un précédent pour d’autres provinces de l’ancienne grande orientale, où la présence de ressortissants chinois dans les mines reste largement documentée.

Dans ce contexte, l’attitude du ministère des Mines suscite des interrogations. La ministre, contactée par nos soins, a déclaré que « toute mesure de régulation doit respecter les conventions bilatérales et protéger les investisseurs étrangers ». Pourtant, des acteurs du secteur estiment que cette prudence administrative pourrait parfois freiner les initiatives locales en faveur du petit paysan et de la communauté. À Kinshasa comme à Isiro, nombreux sont ceux qui appellent à un contrôle effectif des sites miniers, afin que les populations locales bénéficient réellement des richesses de leur sous-sol et que l’exploitation illégale ne devienne pas une norme tolérée.

Pour des habitants de la région d’Amadi, la décision du gouverneur est perçue comme un signal fort en faveur de la souveraineté économique et de la protection des communautés rurales. Plusieurs chefs de villages ont confié que l’opération pourrait créer un climat plus favorable à l’exploitation artisanale encadrée, source de revenus pour de nombreux ménages dépendants de l’or et des diamants.

Si la mesure du Bas-Uele est saluée sur le terrain, elle interroge sur l’efficacité des mécanismes de contrôle et de suivi dans l’ensemble de la RDC. La question demeure : comment concilier ouverture aux investisseurs et protection des intérêts des populations locales ? L’expulsion de ces 28 ressortissants chinois pourrait ouvrir une réflexion plus large sur la gouvernance minière et sur la manière dont l’État congolais entend assurer que ses ressources servent avant tout le développement national, et non l’appropriation clandestine par des acteurs étrangers.

Par kilalopress

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