Vaccination à Lisala : plus de 13 400 enfants sensibilisés, mais l’impact sur la couverture vaccinale reste incertain

À Lisala, dans la province de la Mongala, la riposte contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite se joue aussi en dehors des structures de santé. Depuis le 14 avril 2026, une campagne de sensibilisation portée par la communauté U-Report s’intensifie dans cette zone de santé urbano-rurale, avec pour objectif affiché d’encourager la vaccination des enfants et de limiter la circulation de ces maladies évitables.

Selon les données communiquées par les responsables de la campagne, plus de 13 400 enfants âgés de 0 à 14 ans ont déjà été sensibilisés. Un chiffre mis en avant comme indicateur de la mobilisation en cours, même si, en l’absence de données comparatives sur la population totale ciblée ou sur le nombre d’enfants effectivement vaccinés, il reste difficile d’en mesurer la portée réelle sur la couverture vaccinale.

Sur le terrain, les volontaires, majoritairement jeunes, multiplient les séances d’information dans les écoles et au sein des communautés. Leur discours s’articule autour des modalités de la campagne : les enfants de 0 à 59 mois sont concernés par la vaccination contre la poliomyélite, tandis que ceux âgés de 6 mois à 14 ans doivent recevoir le vaccin contre la rougeole et la rubéole. L’enjeu, expliquent certains acteurs impliqués, est autant de transmettre des informations que de dissiper les doutes qui entourent encore la vaccination dans certaines familles.

À en croire plusieurs sources locales, ces réticences ne sont pas marginales. Elles s’inscrivent dans un contexte où les campagnes sanitaires se heurtent régulièrement à des contraintes structurelles — accès limité aux services de santé, circulation incomplète de l’information, ou encore méfiance envers certaines interventions extérieures. Dans ce cadre, la sensibilisation apparaît comme un levier nécessaire, mais dont l’efficacité dépend largement de sa capacité à se traduire en actes.

En arrière-plan, les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour améliorer la couverture vaccinale dans la province de la Mongala et prévenir d’éventuelles flambées épidémiques. Une ambition récurrente dans plusieurs régions du pays, où la résurgence de maladies comme la rougeole continue d’interroger la solidité des dispositifs de prévention.

Reste que la dynamique observée à Lisala pose, en filigrane, une question plus large : celle du passage de l’information à l’adhésion. Si les volontaires de U-Report insistent sur un message simple — « Se faire vacciner, c’est protéger la vie » —, l’issue de la campagne dépendra moins de la diffusion de ce slogan que de la capacité du système à convaincre durablement les familles et à garantir un accès effectif aux services de vaccination.

Par Simeon kikoko

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