La 4ᵉ édition de la Semaine canadienne, organisée ce 14 avril à Kinshasa, au Club Legacy House, s’impose comme un moment charnière dans l’évolution des relations économiques entre la République démocratique du Congo et le Canada. Placée sous le thème « Innovation, durabilité et inclusion : co-construire entre la RDC et le Canada », cette rencontre a cristallisé les ambitions d’un partenariat en pleine redéfinition.
Pensée comme une plateforme d’influence économique, l’initiative a rassemblé décideurs publics, investisseurs, opérateurs privés et partenaires institutionnels autour d’un objectif commun : structurer une coopération bilatérale plus compétitive, orientée vers la création de valeur et l’attractivité des investissements, dans un contexte mondial où les impératifs écologiques redéfinissent les modèles de croissance.

Les échanges ont mis en lumière des secteurs à fort potentiel de transformation — mines, agriculture, énergies renouvelables et numérique — tout en soulignant l’urgence de consolider un environnement des affaires plus lisible, stable et propice à l’investissement responsable. Dans cette dynamique, les partenariats public-privé apparaissent comme des leviers déterminants pour accélérer l’industrialisation, améliorer la productivité et favoriser l’émergence d’emplois durables.
L’événement a également permis de valoriser l’expertise canadienne en matière de gouvernance économique, de formation du capital humain et d’innovation technologique — autant de piliers essentiels pour accompagner la transition structurelle de l’économie congolaise vers un modèle plus résilient et inclusif.

Dans son intervention, Fabrice Ntompa a insisté sur l’impératif, pour la RDC, d’opérer un repositionnement stratégique fondé sur la transformation de ses avantages comparatifs en avantages compétitifs. Il a plaidé pour une coopération élargie, intégrant pleinement les enjeux d’investissement, de transfert de compétences et de développement des chaînes de valeur locales.
Dans la même perspective, M. Nico, conseiller au ministère de l’Économie nationale, a replacé les échanges dans un contexte macroéconomique exigeant. Il a rappelé que les échanges bilatéraux, estimés à 190 millions de dollars en 2023, ont reculé à 68 millions en 2025, révélant un besoin urgent de redynamisation.

À cet égard, trois conditions structurantes ont été mises en avant : la transformation du potentiel économique en un appareil productif compétitif, l’ancrage d’une inclusion économique effective comme socle de stabilité, et le renforcement de la cohérence des politiques publiques afin d’améliorer la lisibilité du pays à l’international.
Dans le prolongement de ces interventions, une série de prises de parole a réuni des acteurs clés des secteurs privé, public et bancaire. Ceux-ci ont partagé leurs expériences, identifié les contraintes opérationnelles et proposé des pistes concrètes pour améliorer le climat des affaires, faciliter l’accès au financement et renforcer la confiance entre partenaires économiques. Ces échanges ont apporté une dimension pragmatique à la rencontre, en ancrant les ambitions dans les réalités du terrain.

Au croisement de l’économie et de l’écologie, cette Semaine canadienne s’affirme ainsi comme un outil stratégique de diplomatie économique, porteur d’une vision renouvelée : celle d’un partenariat capable d’allier performance économique, durabilité environnementale et inclusion sociale. En définitive, à Kinshasa, un signal fort a été lancé : celui d’une volonté commune de co-construire un avenir économique plus vert, plus compétitif et résolument inclusif entre la République démocratique du Congo et le Canada.
Par asani musungay