Kinshasa, commune de la Gombe — Dans la salle Henri de l’Hôtellerie Saint-Pierre Claver, la matinée du mercredi 15 avril 2026 a été consacrée à une séance de présentation des activités de l’Antwerp Zoo Foundation (AZF), une structure encore discrète dans l’écosystème de la conservation en République démocratique du Congo. L’objectif de la rencontre était de permettre aux parties prenantes de mieux comprendre son implantation, ses orientations stratégiques et ses zones d’intervention.
Dès les premières heures de la matinée, les participants ont commencé à affluer dans la salle, sous la supervision du protocole chargé de l’accueil et de la mise en place. L’ambiance était à la fois protocolaire et attentive, traduisant l’intérêt suscité par cette initiative qui réunit acteurs institutionnels, partenaires techniques et représentants du secteur de la conservation.
À 9h00 précises, l’hymne national a ouvert officiellement les travaux, marquant le lancement d’une journée structurée autour de plusieurs séquences successives. Le modérateur a ensuite pris la parole pour souhaiter la bienvenue aux participants, avant de procéder à une brève présentation mutuelle des personnes présentes dans la salle, permettant ainsi de situer les différentes institutions représentées.
Le contexte général de la rencontre a été rappelé d’entrée de jeu. Il a été question des liens historiques entre la République démocratique du Congo et la ville d’Anvers, notamment à travers les échanges portuaires entre Matadi et Anvers, mais aussi à travers une mémoire plus ancienne liée à la conservation de la biodiversité congolaise en Europe. Ce rappel historique a permis de replacer l’initiative de l’AZF dans une continuité de relations entre les deux espaces, marquées notamment par l’intérêt porté à certaines espèces emblématiques du pays.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit la Fondation du Zoo d’Anvers, créée en 2019 par la Société Royale Zoologie d’Anvers, avec pour mission de renforcer la conservation des espèces dans leurs milieux naturels. L’organisation, encore peu connue de nombreux acteurs nationaux, ambitionne de développer une approche intégrée combinant conservation de la faune, mécanismes de financement innovants et implication des communautés locales.
Après ce cadrage introductif, une photo de famille a été organisée, suivie d’une pause-café qui a permis aux participants d’échanger de manière informelle. La séance a ensuite repris avec la présentation détaillée de la vision et de la mission de l’AZF en République démocratique du Congo. Les intervenants ont insisté sur deux espèces prioritaires au cœur des programmes : le bonobo et l’okapi, considérés comme des espèces phares de la biodiversité congolaise et de la conservation internationale.
Les discussions ont ensuite abordé les mécanismes de financement innovants développés par la fondation, notamment les crédits biodiversité. Le projet pilote “Crédit Bonobo”, mis en œuvre depuis 2024 dans la localité de Lisoko, a été présenté comme une expérience expérimentale en périphérie de la Réserve de faune de Lomako-Yokokala, dans le territoire de Befale, province de la Tshuapa. Ce dispositif vise à associer les communautés locales et peuples autochtones à la protection des écosystèmes à travers des mécanismes d’incitation liés à la conservation.
La Réserve de faune de Lomako-Yokokala, au centre de cette initiative, est cogérée dans le cadre d’un partenariat entre l’AZF et l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Les intervenants ont rappelé les termes de ce partenariat et les premières actions déjà engagées sur le terrain, tout en soulignant les défis liés à la consolidation des dynamiques communautaires.
Un représentant de la Présidence de la République est ensuite intervenu pour inscrire ces initiatives dans la vision nationale du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, présenté comme un axe stratégique majeur de conservation et de connectivité écologique en République démocratique du Congo.
La séance, qui s’est poursuivie dans un climat d’échanges techniques et institutionnels, a également ouvert la réflexion sur de futures collaborations entre l’AZF et d’autres acteurs du secteur environnemental. Plusieurs participants ont relevé la nécessité de renforcer la visibilité de la fondation sur le terrain congolais, malgré l’existence de projets déjà opérationnels.
Les travaux se sont clôturés aux environs de 12h30, après une synthèse du modérateur et un cocktail de clôture. La journée s’est achevée sans déclaration finale formelle, mais avec un consensus apparent sur la nécessité de renforcer les synergies autour de la conservation des espèces emblématiques et des écosystèmes forestiers de la République démocratique du Congo.
Par Deo malela