RDC : Insalubrité en milieu urbain – le gouvernement de kinshasa veut changer la donne

Kinshasa – Dans les grandes villes congolaises, les déchets s’entassent souvent plus vite que les solutions. À Kinshasa, Bukavu ou encore Mbuji-Mayi, les montagnes d’ordures font désormais partie du paysage quotidien. Pourtant, derrière cette image bien connue, une réponse structurée pourrait être en train de se dessiner.

La Direction de l’Assainissement et des Services (DAS), bras technique du ministère de l’Environnement, aurait enclenché une série d’initiatives pour tenter d’inverser la tendance. Objectif : améliorer durablement les conditions sanitaires et environnementales des centres urbains du pays. Ces efforts s’inscriraient dans la vision stratégique portée par la ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, qui place l’écologie au centre du développement national.

La ministre aurait récemment réaffirmé son engagement en faveur d’une transition écologique ambitieuse, appuyée sur des réformes concrètes, des mécanismes transparents et des interventions ciblées. Sur le terrain, la DAS chercherait désormais à traduire cette vision politique en actions tangibles. Parmi les projets annoncés, il serait notamment question de cartographier les zones les plus critiques dans les grandes villes, d’élaborer des normes opérationnelles pour encadrer les interventions, et de lancer des projets pilotes pour mieux gérer les déchets solides et liquides. Des systèmes de suivi et d’évaluation seraient aussi envisagés afin de mesurer, sur la durée, l’impact réel des mesures prises.

Consciente des inégalités territoriales, la DAS prévoirait également de renforcer sa présence en province. Cela passerait par la formation spécialisée des agents locaux, la fourniture de kits d’intervention rapide, ainsi que la mise en place de plans d’assainissement à l’échelle provinciale, alignés sur les priorités nationales. Des partenariats techniques et financiers pourraient aussi être encouragés, tant avec des acteurs locaux qu’avec des organisations internationales.

Pour faire face aux situations d’urgence environnementale — comme les inondations ou les effondrements liés à l’insalubrité — un dispositif réactif serait en cours de mise en place : des équipes mobiles, des protocoles d’alerte, des campagnes de sensibilisation dans les quartiers les plus exposés, et un appui technique ciblé pour les zones sinistrées ou à risque.

Si ces mesures venaient à être pleinement mises en œuvre, elles pourraient amorcer un changement de cap. Mais pour l’instant, la réussite de ce programme dépendra autant des moyens mobilisés que de la coordination avec les collectivités locales, souvent débordées et peu équipées. En attendant, dans certains quartiers de la capitale, les habitants continuent de s’organiser eux-mêmes pour évacuer les déchets ou curer les caniveaux. Comme un rappel que, face à l’urgence sanitaire et environnementale, l’action reste encore largement entre les mains de ceux qui la subissent au quotidien.

Par kilalopress

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