Kolwezi : un mort pour avoir réclamé ses droits face à l’exploitation minière chinoise

Kolwezi- Depuis le 6 août 2025. Une manifestation pacifique pour des conditions de travail dignes s’est terminée dans le sang. Ce jour-là, des dizaines d’ouvriers de Thomas Mining, une entreprise minière à capitaux chinois installée dans le Lualaba, sont descendus dans la rue pour demander ce que le Code du travail leur garantit déjà : un salaire décent, des congés, des contrats en bonne et due forme. En retour, ils ont reçu des balles.

Jonathan Kashala, l’un d’eux, n’est jamais rentré chez lui. Il est mort sur le bitume, abattu par les forces de l’ordre. Plusieurs autres ont été blessés. Leur tort ? Avoir osé dire non à une exploitation qu’ils jugent inhumaine. La scène se passe à Kolwezi, capitale mondiale du cobalt, mais où les travailleurs congolais sont encore traités comme des intrus sur leurs propres terres. Depuis des mois, la grogne montait chez les employés de Thomas Mining. Les revendications étaient claires : une hausse des salaires de base, le respect des congés, des soins médicaux pour les familles, une maison syndicale, des contrats écrits, et un minimum de considération. Rien de révolutionnaire. Juste ce que prévoit la loi.

Mais dans cette enclave industrielle où les intérêts étrangers dictent trop souvent leur propre loi, toute voix qui s’élève semble être une menace. Et la réponse, ce 6 août, a été brutale. Des tirs à balles réelles. Un mort. Silence radio du côté de Thomas Mining.

L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) a pris la parole le 20 août pour dénoncer ce qu’elle qualifie de violation grave des droits humains. L’organisation ne mâche pas ses mots : elle accuse Thomas Mining de traiter ses employés comme de simples outils jetables, de fuir le dialogue, et d’alimenter un climat de peur dans ses installations.

L’IPDHOR exige une enquête indépendante sur la mort de Jonathan Kashala, des poursuites contre les policiers responsables des tirs, mais aussi des sanctions exemplaires contre l’entreprise pour entrave au droit de grève et non-respect flagrant du Code du travail congolais. À ce jour, Thomas Mining n’a toujours pas répondu aux sollicitations des journalistes. Aucun mot. Pas même une ligne de regret.

Pendant ce temps, sur les sites d’extraction, les creuseurs continuent de gratter le sol, dans des conditions souvent précaires, pendant que les minerais traversent les frontières. On parle ici de cobalt et de cuivre, matériaux essentiels à la transition énergétique mondiale. Ironie cruelle : les travailleurs qui meurent pour l’extraction des métaux « verts » n’ont parfois même pas accès à l’eau potable. Le cas de Jonathan Kashala n’est pas un accident isolé. Il est le symbole d’une équation déséquilibrée : des entreprises puissantes, des ressources précieuses, un gouvernement silencieux, et au milieu, des travailleurs abandonnés.

Par kilalopress

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