Ituri : Des élus auraient trempé dans l’or illégal sous protection de CODECO

Bunia, août 2025 — Alors que l’Ituri traverse une crise sécuritaire persistante, marquée par les violences de groupes armés, de nouvelles révélations viennent jeter un trouble sur la posture publique de certains élus. Selon un rapport publié en juillet par des experts des Nations unies, plusieurs députés, aussi bien nationaux que provinciaux, seraient impliqués dans l’exploitation illégale de l’or dans le territoire de Djugu, un secteur partiellement sous le contrôle de la milice CODECO.

Le document, qui s’appuie sur des sources croisées et un enregistrement audio authentifié en janvier 2025, évoque la possible implication directe des députés provinciaux Joachim Kambale Ngendu et Jean Batchu Ngbadhe. Dans cet enregistrement, ils reconnaîtraient exploiter des sites miniers mécanisés illégaux dans la chefferie de Banyali Kilo.

Le député national Floribert Ngabu est également cité pour son rôle présumé dans la contrebande aurifère. D’autres élus apparaissent dans le même rapport : Serge Lonema Mbukana, Djokaba Lambi Bede, Jean Paul Ngabu Tchunde et Floribert Ngabu Njabu. L’enregistrement mentionne que chacun d’eux aurait versé 10 000 dollars par mois à la CODECO/URDPC en échange de la protection de leurs activités. Des sources indépendantes auraient corroboré ces informations.

Pour les experts onusiens, ces paiements à un groupe armé pourraient constituer des faits graves, passibles de sanctions internationales. « Avec tous les avantages dont bénéficient les députés, est-ce que c’est sérieux qu’ils s’impliquent dans une contrebande qui dépouille l’État et finance des groupes armés ? », s’indigne un défenseur des droits humains local, qui appelle à l’invalidation des mandats des élus concernés pour haute trahison.

Le rapport décrit également un système de taxation instauré par le commandant de la CODECO, Samuel “Kadogo”, où 17 000 dollars seraient exigés aux exploitants lendu, contre 30 000 dollars aux non-Lendu. Un négociant connu sous le nom de « Tchenji », basé à Nzebi, est cité comme principal acheteur de l’or en provenance de Mongwalu et Nzebi, deux localités sous contrôle de la milice.

Enfin, le rapport mentionne que les héritiers du défunt négociant Exodus Adelard continueraient d’alimenter le commerce clandestin à travers un comptoir illégal situé à Bunia. Ces révélations relancent les appels de la société civile et d’acteurs locaux à une réaction rapide, tant sur le plan judiciaire que parlementaire. « C’est une haute trahison. Les députés doivent être respectueux des textes qu’ils votent. Le code minier interdit formellement ce type de pratiques », rappelle une source locale.

Par kilalopress

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