Sud-kivu : Kalehe frappé par les eaux – les appels à l’aide se multiplient après les glissements de terrain

Kalehe — Dans la nuit du 17 au 18 août 2025, les habitants de plusieurs localités du territoire de Kalehe ont été brutalement réveillés par la montée soudaine des eaux et des glissements de terrain meurtriers. Les pluies diluviennes ont provoqué le débordement de plusieurs rivières, semant le chaos dans des zones déjà fragilisées par des mois d’intempéries.

Le bilan provisoire est lourd : 11 morts, 3 blessés, plus de 150 maisons détruites ou inondées, ainsi que plusieurs salles de classe endommagées dans les zones de santé de Bunyakiri, Kalima, Lubengera et Munyandire. Dans un territoire enclavé, où l’accès à l’aide est déjà un défi logistique, ce drame vient s’ajouter à une série de catastrophes que Kalehe traverse en silence depuis des mois.

Pour la société civile locale, ce drame n’est pas une surprise. Dans un communiqué signé par son président, Dephin Birimbi, le Cadre de Concertation de la Société Civile Territoriale de Kalehe (CCTSC-Kalehe) exprime sa profonde tristesse, adresse ses condoléances aux familles touchées, mais surtout interpelle : une lettre d’alerte, datée du 12 mai 2025, avait déjà été envoyée aux autorités et partenaires humanitaires. Elle évoquait les dégâts causés par les inondations, des incendies, mais aussi les effets des conflits armés dans des localités comme Ihusi, Bushushu, Nyamukubi, Nyabibwe, Minova ou encore la presqu’île de Bulenga. À ce jour, aucune aide significative n’a été apportée aux populations affectées.

La société civile appelle aujourd’hui à une intervention rapide des services de gestion des catastrophes, des agences humanitaires et des Nations unies. Elle demande la mise en place d’équipes d’évaluation d’urgence afin d’organiser une assistance concrète : abris temporaires, soins médicaux, mais aussi réhabilitation des infrastructures endommagées. L’organisation insiste également sur la nécessité de prioriser les groupes les plus vulnérables : femmes seules, enfants, personnes âgées. Elle recommande l’établissement d’un registre des victimes et d’un mécanisme local de coordination de l’aide, pour éviter les erreurs de distribution et assurer une transparence dans les interventions.

Si Kalehe est habitué aux précipitations intenses, les épisodes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents, plus violents. Le lien avec le changement climatique est de moins en moins nié. Dans ce territoire montagneux, la combinaison de déforestation, de pluie torrentielle et d’un manque chronique d’infrastructures crée les conditions idéales pour des catastrophes à répétition. Alors que les regards du pays sont souvent tournés vers d’autres crises, Kalehe tente de faire entendre sa voix. Et derrière chaque chiffre, il y a des familles déplacées, des enfants sans école, des communautés qui attendent, depuis des mois, qu’on les écoute.

Par kilalopress

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