Belém, Brésil – 7 novembre 2025 – À l’occasion de la 30ᵉ Conférence des Parties sur le climat (COP30), la République Démocratique du Congo (RDC), géant forestier d’Afrique centrale, se retrouve au cœur des discussions internationales sur la régulation du climat et la préservation des forêts tropicales. Mais au-delà des discours officiels et des accords multilatéraux, une voix s’élève avec force depuis la société civile environnementale congolaise : celle des communautés locales et des peuples autochtones, premiers gardiens de ces trésors naturels, souvent oubliés dans les processus décisionnels mondiaux.
Dans un communiqué officiel publié du Groupe de Travail Climat REDD Rénové (GTCRR), la société civile congolaise présente ses revendications et attentes à la COP30, appelant à une action concrète et immédiate pour une transition climatique juste et inclusive.
Avec ses forêts équatoriales et ses tourbières, la RDC joue un rôle central dans le stockage du carbone et la régulation climatique mondiale. Ses écosystèmes uniques abritent une biodiversité exceptionnelle et constituent une barrière naturelle contre le réchauffement planétaire. Pourtant, ces ressources sont menacées par la déforestation, l’exploitation extractive et la marginalisation des communautés locales. Les peuples autochtones, dont le savoir traditionnel est une véritable richesse pour la lutte contre le changement climatique, peinent à voir leurs droits fonciers et culturels reconnus.
Le GTCRR rappelle que la COP30 représente une occasion stratégique pour la RDC d’affirmer son rôle dans la gouvernance climatique internationale, mais aussi de défendre les intérêts de ses citoyens les plus vulnérables. Le communiqué de la société civile congolaise met en avant quatre axes principaux :
1. Justice climatique et reconnaissance des droits communautaires
Le GTCRR insiste sur la reconnaissance juridique des droits fonciers coutumiers des communautés locales et des peuples autochtones. Il réclame également la valorisation systématique de leurs savoirs traditionnels, en les intégrant comme solutions concrètes dans les politiques climatiques nationales et internationales. Enfin, la participation pleine et entière de ces communautés aux mécanismes REDD+, au CAFI et autres initiatives climatiques est présentée comme un impératif moral et stratégique.
2. Financements climatiques équitables et transparents
La société civile demande un accès direct et distinct des communautés locales et des organisations de la société civile aux financements internationaux, tels que le CAFI, le Tropical Forest Facility Forever (TFFF) et l’IPCC Pledge 2.0. La traçabilité des fonds et la reddition de comptes des gouvernements et bailleurs sont jugées indispensables pour garantir l’efficacité et la transparence de ces financements. Le GTCRR insiste sur la priorité à accorder aux projets ayant un impact visible et tangible au niveau local.
3. Transition juste et inclusive
Les acteurs de la société civile prônent la création d’emplois verts et le renforcement des capacités locales, en intégrant les jeunes, les femmes et les groupes vulnérables dans les stratégies climatiques régionales et internationales. L’objectif est de promouvoir une économie circulaire, résiliente et durable, où la protection de l’environnement rime avec justice sociale et développement économique.
4. Renforcement du rôle stratégique de la RDC
Le communiqué appelle à un appui technique, technologique et scientifique pour permettre à la RDC de valoriser pleinement son potentiel climatique multidimensionnel. La souveraineté environnementale du pays doit être respectée dans les partenariats internationaux, tandis que l’alliance trilatérale Indonésie-Brésil-RDC, réunissant les trois principaux bassins forestiers tropicaux, doit être consolidée et soutenue.
Le GTCRR exhorte le gouvernement congolais et la communauté internationale à accélérer la mise en œuvre des engagements climatiques déjà pris, en plaçant au cœur de l’action les communautés locales et les peuples autochtones. L’accès prioritaire aux financements pour les projets d’amélioration des moyens de subsistance, la sécurisation des droits fonciers et la protection durable des ressources naturelles constituent les piliers de cette approche.
« Nous sommes les gardiens de la forêt. Nous sommes les bâtisseurs du futur », affirme Guy Kajemba, président de la société civile environnementale de la RDC. Ces mots résonnent comme un appel à la responsabilité collective, rappelant que la protection des forêts tropicales n’est pas seulement un enjeu national, mais un impératif pour l’avenir climatique de la planète.
Alors que la COP30 réunit les États, les institutions financières et les experts climatiques du monde entier, le message du GTCRR est clair : il ne peut y avoir de justice climatique sans justice sociale et sans inclusion des communautés qui vivent au contact direct des écosystèmes. La RDC, riche de ses ressources naturelles, attend désormais des engagements financiers et politiques tangibles qui traduisent les promesses en actions concrètes. L’enjeu est double : protéger l’environnement tout en garantissant que la transition écologique profite à ceux qui, depuis toujours, en sont les gardiens. La société civile congolaise rappelle que les solutions existent et que le savoir traditionnel des peuples autochtones, associé à une gouvernance transparente et équitable, peut devenir un modèle pour le monde entier.
Par kilalopress