Kinshasa, 11 novembre 2025 – Le Sénat de la République démocratique du Congo s’apprête à interroger l’un des piliers de la stratégie gouvernementale de développement local. Mercredi 12 novembre, Guylain Nyembo, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, sera entendu dans le cadre d’une question orale avec débat portant sur le Programme de développement des 145 territoires (PDL 145 Territoires), une initiative phare du gouvernement visant à réduire les disparités régionales et à dynamiser l’économie locale dans tout le pays.
C’est la sénatrice Isabelle Kabamba qui a initié cette interpellation, dans le but de clarifier l’état d’avancement du programme et de mettre en lumière les défis rencontrés depuis son lancement. Selon le communiqué officiel de la Chambre haute du Parlement, signé par le rapporteur adjoint Jean‑Claude Baende et diffusé lundi à la presse, cette séance s’annonce cruciale pour faire le point sur un projet qui mobilise près de 1,6 milliard de dollars américains et qui porte de grandes ambitions pour le développement de la RDC.
Le PDL 145 Territoires s’inscrit dans ce que le gouvernement qualifie de « nouveau contrat social ». Son objectif : corriger les déséquilibres historiques entre zones urbaines et rurales et instaurer un développement réellement inclusif. À travers ce programme, l’État entend rapprocher les services essentiels des populations rurales, stimuler les économies locales et renforcer la gouvernance territoriale pour que chaque province puisse piloter son développement de manière autonome.
Au cœur du programme, quatre axes structurants. D’abord, l’amélioration de l’accès aux infrastructures et services de base en milieu rural : routes, écoles, centres de santé, et accès à l’eau potable. Ensuite, le développement des économies locales, notamment par le renforcement des chaînes de valeur agricoles et artisanales, afin de générer des emplois et de créer de la richesse sur le territoire. Troisièmement, le renforcement des capacités des administrations locales pour garantir une gestion efficace des projets et accompagner la décentralisation. Enfin, l’instauration d’un système d’information géo‑référencé destiné à suivre en temps réel l’avancement des initiatives du PDL 145 Territoires, une innovation qui doit permettre davantage de transparence et de redevabilité dans l’utilisation des fonds publics.
Mercredi, les sénateurs attendront du ministre des précisions sur plusieurs points sensibles : les résultats tangibles déjà enregistrés, l’utilisation des ressources financières allouées, mais aussi les raisons des retards constatés dans certaines provinces. L’occasion pour la Chambre haute de faire la lumière sur l’efficacité des stratégies mises en place et de proposer des ajustements si nécessaire pour atteindre les objectifs fixés.
Selon des sources parlementaires, cette interpellation intervient dans un contexte où la population, notamment dans les zones rurales, réclame des résultats concrets. Entre promesses et réalisations, le fossé peut sembler encore large. Le Sénat, conscient de l’enjeu, entend donc peser sur la mise en œuvre du programme pour s’assurer que les investissements massifs destinés au développement local portent effectivement leurs fruits. Le PDL 145 Territoires n’est pas un simple projet administratif : c’est un instrument stratégique censé transformer le visage socio-économique du pays. Dans un pays où près de 70 % de la population vit en milieu rural, et où l’accès aux infrastructures reste largement insuffisant, le programme représente un levier majeur pour réduire les inégalités.
La mise en œuvre d’un tel projet à l’échelle nationale est naturellement complexe. La RDC, vaste territoire de plus de 2,3 millions de km², présente des défis logistiques et sécuritaires majeurs. Les infrastructures sont souvent défaillantes, certaines provinces sont difficilement accessibles, et la coordination entre les différents niveaux de l’administration reste un chantier en soi. Le système de suivi géo‑référencé, bien qu’ambitieux, devra prouver son efficacité pour éviter que des fonds publics ne se perdent dans des procédures bureaucratiques ou dans la mauvaise gestion.
Pour Guylain Nyembo, cette séance au Sénat sera également une occasion de montrer que le gouvernement peut rendre des comptes sur un programme aussi stratégique. Les sénateurs chercheront à vérifier si les principes de bonne gouvernance sont respectés et si les populations bénéficient réellement des investissements consentis. Par ailleurs, le débat pourra éclairer la population sur les perspectives à court et moyen terme du programme. Quelles infrastructures seront livrées d’ici la fin de l’année ? Quels secteurs économiques sont prioritaires pour générer de l’emploi ? Comment les autorités locales sont-elles accompagnées pour améliorer la gestion des projets ? Autant de questions auxquelles le ministre devra répondre de manière claire et détaillée.
Au‑delà de son impact concret sur le terrain, le PDL 145 Territoires revêt une forte valeur symbolique. Il traduit la volonté du gouvernement de se rapprocher des citoyens et de construire un État capable de réduire les fractures territoriales. Dans un contexte où les inégalités persistent et où le développement demeure concentré dans quelques grandes villes, ce programme pourrait devenir un modèle pour la mise en œuvre de politiques publiques inclusives dans d’autres secteurs. L’audition de Guylain Nyembo au Sénat s’annonce donc comme un moment clé pour évaluer non seulement les performances du PDL 145 Territoires, mais aussi l’ambition de la RDC à impulser un développement réellement équilibré sur l’ensemble de son territoire. Les observateurs et les citoyens attendent désormais des réponses concrètes, des preuves de résultats tangibles et des engagements fermes pour que ce programme, promis comme un moteur de transformation, devienne effectivement un levier de prospérité pour tous les Congolais.
Par kilalopress