Nord-kivu : Quand les éléphants frappent à la porte, Kyavinyonge réclame une clôture pour sa survie

La situation devient de plus en plus préoccupante dans la cité lacustre de Kyavinyonge, située à environ 100 kilomètres de Beni, au Nord-Kivu. La société civile locale a lancé, ce lundi 11 novembre, un appel pressant aux autorités du parc national des Virunga pour l’installation d’une clôture électrique afin de protéger la population des attaques répétées d’éléphants en provenance du parc. Ces pachydermes, en quête de nourriture, représentent un danger mortel pour les habitants de la région.

L’incident tragique survenu dans la nuit du 10 novembre a provoqué un choc dans la communauté. Un septuagénaire a été tué par un éléphant dans son champ, soulignant la gravité de la situation. Selon Delphin Malekani, président de la société civile de Kyavinyonge, ce drame n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, les attaques d’éléphants deviennent de plus en plus fréquentes, mettant en péril la sécurité des habitants. « Quatre autres personnes ont été hospitalisées au centre de santé de Kyavinyonge à la suite d’attaques similaires », déplore-t-il, indiquant qu’une véritable spirale de violence se dessine dans la région.

Mais les attaques ne sont pas les seules conséquences de la présence des éléphants. Ces animaux ont également causé de lourdes pertes économiques en détruisant des cultures et des champs, au grand désespoir des agriculteurs locaux. « Les éléphants viennent régulièrement fouiller les champs à la recherche de nourriture, laissant derrière eux des terres dévastées », ajoute Delphin Malekani. Ce phénomène engendre non seulement des pertes matérielles importantes, mais exacerbe aussi le sentiment d’insécurité chez les habitants, qui vivent dans l’angoisse constante d’une nouvelle incursion.

Face à cette menace grandissante, la société civile de Kyavinyonge plaide pour l’instauration d’une clôture électrique entre le parc des Virunga et les zones habitées. Cette mesure préventive, déjà mise en place dans d’autres régions confrontées à des problèmes similaires, pourrait offrir une protection efficace contre les incursions des éléphants tout en permettant de conserver l’intégrité du parc naturel.

« Nous demandons instamment à l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), gestionnaire du parc des Virunga, d’agir rapidement. Il est impératif d’intervenir pour éviter d’autres drames », a insisté Malekani. Selon lui, une telle infrastructure permettrait de délimiter clairement les zones de vie humaine des territoires fréquentés par les éléphants, limitant ainsi les risques de confrontation.

La problématique soulevée par la société civile de Kyavinyonge est symptomatique d’un défi plus large : celui de la cohabitation entre les populations locales et la faune sauvage dans les zones protégées. Le parc national des Virunga, reconnu pour sa biodiversité exceptionnelle et ses espèces emblématiques, dont les gorilles de montagne, est un lieu de grande importance écologique. Toutefois, l’extension des zones protégées, parfois au détriment des terres cultivées, crée des frictions avec les communautés riveraines, qui se sentent souvent négligées face aux mesures de conservation. L’installation de clôtures électriques pourrait constituer une première étape vers une gestion plus harmonieuse de cette cohabitation délicate, tout en respectant les impératifs écologiques et sécuritaires.

Par kilalopress

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