La ville de Bukavu frappée par un soleil débordant; doit-on croire au changement climatique ?

Depuis le début de la saison sèche courante, la ville de Bukavu et ses environs sont frappés par un soleil embarrassant. Ce phénomène, difficilement supportable par les habitants, rend cette saison sèche différente des précédentes, avec des températures atteignant entre 25 et 30 degrés.

Les habitants de Bukavu, bien que divergents dans leurs opinions sur cette question, pensent que la déforestation, causée par les habitants ruraux à la recherche de bois et de braises, est le principal facteur de cette chaleur excessive.

« C’est vraiment un débordement. Je ne sais pas pourquoi cette saison est tellement sèche par rapport à d’autres saisons passées. Depuis qu’elle a commencé, il y a eu trop de soleil et pas une seule goutte de pluie. Je pense que c’est parce que les arbres sont abattus tous les jours dans les villages« , a déclaré un habitant, dont l’opinion rejoint celle de plusieurs autres.

Bukavu, dont la température varie habituellement entre 18 et 23 degrés, risque de devenir invivable avec des températures atteignant aujourd’hui les 30 degrés.

Selon M. Mugaruka Moïse, spécialiste des études climatiques, lorsque la température dépasse les 23 degrés pour atteindre les 28 degrés, il est justifié de parler de changement climatique. Cependant, il estime qu’il est encore nécessaire d’observer les prochains mois pour confirmer cette tendance.

M. Moïse encourage la plantation d’arbres comme solution à ce problème. « Il est toujours possible de remédier à cette problématique en incitant les populations à planter davantage d’arbres, que ce soit en milieu rural ou urbain », a-t-il rassuré.

La déforestation est un problème majeur dans les territoires du Sud-Kivu, où les habitants recherchent des terres cultivables, du bois de chauffage et des planches. Le parc national de Kahuzi Biega (PNKB) a également été touché par cette pratique il y a environ cinq ans, lorsque les peuples autochtones pygmées (Batwa) ont vidé une zone d’environ 300 hectares d’arbres pour revendiquer leurs terres auprès de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

Le déclin de la couverture forestière dans la région de Bukavu et ses environs a des conséquences néfastes sur le climat local, en augmentant l’exposition au soleil et en perturbant les précipitations. Si ces tendances se poursuivent, il est possible que la ville de Bukavu soit confrontée à des conditions climatiques de plus en plus extrêmes, ce qui aura un impact significatif sur la vie quotidienne des habitants.

Il est donc crucial de prendre des mesures immédiates pour lutter contre la déforestation et promouvoir la reforestation. Cela nécessitera une action collective de la part du gouvernement, des organisations environnementales et de la population locale. En sensibilisant les gens aux conséquences du déboisement et en les encourageant à planter des arbres, il est possible de réduire les effets du changement climatique et de créer un avenir plus durable pour la ville de Bukavu.

Salomon Mubasi

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