Tshopo : Kisangani carrefour du trafic illicite des grands singes,  l’ONG ADRE mobilise experts et services techniques et médias 

La ville de Kisangani, dans la province de la Tshopo, se retrouve au centre d’une inquiétude nationale et internationale : le trafic illicite des grands singes. Pour y répondre, l’ONG Action pour le Droit de l’Environnement et la Restauration des Écosystèmes (ADRE) organise du 30 au 31 janvier 2026 un atelier de réflexion et de concertation à la Faculté des Sciences de l’Université de Kisangani.

L’événement rassemble experts, chercheurs, journalistes et services techniques provinciaux, tous appelés à proposer des solutions concrètes.

Lors de son ouverture, la ministre provinciale de l’Environnement, Bijou KOY TAKA, a insisté sur l’ampleur du problème et l’urgence d’une action coordonnée. Elle a indiqué que le trafic des grands singes représente une menace sérieuse pour la biodiversité et l’équilibre des écosystèmes. La province doit désormais renforcer sa réponse face à ce fléau a-t-elle insisté.

Ce premier jour de l’atelier a été marqué par l’exposé du Professeur Nicaise Amundala, complété par la projection d’un documentaire, révélant que Kisangani est devenue la plaque tournante du trafic de grands singes, notamment via l’aéroport international de Bangoka, où transitent principalement les bébés chimpanzés destinés aux marchés internationaux.

L’étude présentée a recensé 13 espèces de faune sauvage détenues dans les ménages de Kisangani, entraînant un manque à gagner estimé à plus de 14 000 dollars pour le gouvernement provincial. Les chiffres illustrent l’ampleur du commerce : un bébé chimpanzé est acheté environ 4 dollars, revendu à 25 dollars, avant d’atteindre jusqu’à 300 000 dollars sur le marché mondial.

Les experts et les services techniques présents ont souligné que les conflits armés dans l’Est de la RDC, la dégradation des habitats et la perte de biodiversité facilitent le braconnage et le trafic. L’atelier a pour objectif de définir des recommandations réalistes et applicables, de renforcer la sensibilisation des communautés locales et de mobiliser les médias et les services techniques pour mieux protéger ces espèces et la biodiversité du Bassin du Congo.

Par : Gérard Mulende Omar

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