Tshopo : Fin de l’atelier sur la Faune sauvage – la Grande orientale propose des alternatives économiques durables pour réduire la pression sur les ressources

Après trois jours de travaux, l’atelier interprovincial de consultation sur la Politique nationale de la faune sauvage (PNFS) s’est clôturé ce jeudi 11 septembre à Kisangani à l’hôtel Ninive. Organisée par le ministère de l’Environnement avec l’appui technique et financier de la FAO, cette rencontre a réuni les représentants des services publics, des scientifiques , des organisations de la société civile, du secteur privé et des communautés locales des provinces de Haut et Bas-Uélé ainsi que la Tshopo.

Les recommandations issues de l’atelier interprovincial sur la Politique nationale de la faune sauvage (PNFS), tenu du 9 au 11 septembre, soulignent la nécessité d’intégrer la dimension économique dans la gestion durable de la biodiversité.

Les participants ont recommandé des alternatives économiques durables pour réduire la pression sur les ressources. Il s’agit notamment de:

  • développer des activités génératrices de revenus alternatives à la chasse et à la consommation de viande de brousse (élevage d’aulacodes, artisanat à base de plumes d’oiseaux tombées naturellement, transformation des trophées),
  • valoriser l’écotourisme par la création de musées, la réhabilitation des jardins zoologiques et le peuplement de nouvelles espèces,
  • encadrer la filière viande de brousse pour la rendre plus durable,
  • promouvoir la publicité et la valorisation économique des ressources fauniques de la RDC,
  • utiliser une partie des taxes environnementales pour appuyer le secteur.

Plusieurs autres recommandations ont été faites dans diverses dimensions.

1. Juridique et institutionnel

. Adapter les textes existants à la vision de la PNFS.

. Élaborer des textes légaux et réglementaires pour sa mise en œuvre.

. Faire primer la Constitution dans l’interprétation des cadres juridiques relatifs à la faune, plutôt que la loi 14.

. Créer des institutions et juridictions spécialisées, y compris des tribunaux spéciaux.

. Créer des organes de suivi et d’évaluation de la politique.

. Réhabiliter les infrastructures de base nécessaires à l’application de la PNFS.

2. Appropriation et sensibilisation

. Assurer une vulgarisation effective de la PNFS.

.Traduire les textes en langues nationales pour un accès élargi.

. Promouvoir l’éducation environnementale permanente, intégrée au système éducatif national.

. Mettre en place des cadres locaux de concertation sur la conservation.

. Former des animateurs de développement durable et sensibiliser sur les bonnes pratiques de protection de la faune.

3. Financement et gouvernance

. Créer un fonds national budgétisé pour accompagner la PNFS.

. Utiliser une partie des taxes issues de la déforestation, de la pollution et du carbone pour soutenir le secteur de la faune.

. Mettre en place un mécanisme de suivi et de certification crédible pour les investissements.

. Promouvoir l’observation indépendante pour assurer la transparence.

4. Inclusion sociale et sécurité

. Mettre en place des cliniques vétérinaires dans les parcs et jardins zoologiques.

. Prévoir un statut particulier pour les agents publics en charge de la conservation.

. Renforcer la sécurité dans les zones protégées.

S’exprimant au nom de tous les participants, le professeur Frank Bapeamoni a insisté sur la valeur locale de ces recommandations :

Il y a des choses que nous avons héritées traditionnellement, d’autres de la colonisation, mais aujourd’hui nous parlons de réforme. Tout ce que nous venons de dire ici vient de nous et ça nous engage. Nos recommandations reflètent nos réalités ,

a-t-il déclaré, remerciant les organisateurs.

Présidant la cérémonie officielle de clôture, Maître Lambert Anyakango, directeur de cabinet de la ministre provinciale de l’Environnement, a félicité les participants pour la qualité du travail abattu. Il les a encouragés à restituer ces recommandations dans leurs services, institutions et organisations respectives, afin de favoriser une appropriation plus large du processus.

L’atelier de Kisangani, tenu du 9 au 11 septembre, marque ainsi une étape importante dans la série de consultations provinciales prévues à travers la RDC. Ces assises visent à doter le pays d’une Politique nationale de la faune sauvage réaliste, inclusive et adaptée aux défis du terrain.

Gérard Mulende Omar

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