Sud-Kivu : APEM félicite l’arrêté du Gouverneur Jean Jacques Purusi portant protection et interdiction d’exploitation et l’occupation illégale du PNKB

L’organisation Actions pour la Promotion et Protection des Peuples et Espèces Menacés (APEM) salue avec enthousiasme la signature de l’arrêté provincial par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, en date du 13 novembre 2024. Cet arrêté, historique dans la lutte pour la conservation du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), marque une avancée majeure dans la protection de cet écosystème unique, menacé par l’exploitation illégale des ressources naturelles et l’occupation des zones protégées.

APEM, qui a largement contribué au plaidoyer auprès des autorités provinciales et nationales pour garantir la sauvegarde du PNKB, félicite ce geste fort du gouverneur, soulignant l’importance de cette décision pour la préservation de la biodiversité et des habitats naturels de ce trésor de la RDC, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Cette décision intervient après multiples dénonciations et alertes faites par la société civile congolaise. Ces actions ont été accompagnées par une visite de travail de Son Excellence Monsieur le Ministre provincial en charge de l’Environnement, Maître Didier Kabi, à Katasomwa/ Kabare, où se trouve un marché de commercialisation des matières premières extraites illégalement du PNKB. Ce marché, situé à proximité du parc, était un des foyers majeurs de l’exploitation illégale qui menaçait la stabilité de l’écosystème du PNKB. Lors de cette visite, le ministre a pris la mesure de l’ampleur de l’exploitation illégale, soulignant l’urgence d’une réponse ferme. Cette prise de conscience a contribué à accélérer la décision du gouverneur, qui, en collaboration avec les équipes du PNKB et des acteurs de la société civile, a mis en place cet arrêté historique pour protéger le parc et ses ressources naturelles.

Cet arrêté provincial, composé de 16 articles, met en place des mesures strictes pour protéger le PNKB contre les menaces qui pèsent sur ses écosystèmes. Il interdit formellement l’exploitation des ressources forestières et minières à l’intérieur du parc, ainsi que la commercialisation et le transport illégal de ces produits. L’arrêté va également plus loin en interdisant toute forme d’occupation illégale des terres du parc, qu’il s’agisse de cultures, de pâturages ou de constructions, y compris celles réalisées par des groupes armés.

Les principales mesures de l’arrêté sont les suivantes :

Article 1 : Interdiction formelle de l’exploitation des ressources naturelles au sein du PNKB, y compris l’exploitation minière et forestière.

Article 2 : Interdiction de la commercialisation et du transport des produits issus du PNKB par voie terrestre, aérienne ou lacustre.

Article 3 : Les concessionnaires voisins doivent obtenir une autorisation préalable avant tout abattage d’arbres ou exploitation des ressources naturelles.

Article 4 : Toute forme d’occupation des terres au sein du PNKB (agriculture, pâturage, constructions) est interdite.

Article 5 : Création d’une unité de coordination sous l’autorité du gouverneur, chargée de veiller à la mise en œuvre de l’arrêté et de renforcer la surveillance du parc.

Ces mesures visent à protéger le PNKB, ses écosystèmes et ses espèces emblématiques, comme le gorille des montagnes et l’okapi, qui sont en danger en raison des activités humaines illégales. L’arrêté constitue une réponse directe à l’exploitation illégale qui a mis en péril non seulement la biodiversité du parc, mais aussi la sécurité des populations locales et des agents de l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature) chargés de la surveillance du parc. APEM, en tant que défenseur des peuples et espèces menacées, se réjouit que ses efforts en action de plaidoyer et de missions de sensibilisation aient porté leurs fruits, ouvrant ainsi la voie à une meilleure gestion concertée et participative de cette aire protégée et à un avenir plus sécurisé pour ses espèces et son habitat, qu’ils soient humains ou animaux. L’arrêté du gouverneur du Sud-Kivu est donc une victoire pour la nature, mais aussi pour l’ensemble de la région, garantissant la préservation du Parc national de Kahuzi-Biega et de ses habitats naturels, tout en offrant un espoir renouvelé pour les générations futures.

Par kilalopress.

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