RDC : Retard dans l’octroi des permis de coupe 2026, la forêt au cœur d’une impasse administrative- Secrétariat général appelé à agir

Alors que nous sommes déjà à la deuxième quinzaine de février 2026, aucune entreprise forestière en République démocratique du Congo (RDC) n’a encore reçu de permis de coupe pour l’exercice en cours. Ce retard récurrent, observé également en 2021 et 2022, met en lumière les fragilités du système de gestion forestière et soulève des inquiétudes sur la durabilité de l’exploitation des forêts congolaises.

Le permis de coupe industrielle de bois d’œuvre (PCIBO) n’est pas un simple document administratif. Selon les spécialistes du secteur et la société civile congolaise, il constitue un instrument clé de traçabilité et de contrôle environnemental. « Le permis permet à l’État de réguler le temps, le lieu et les essences à exploiter, avec précision du volume et du nombre de tiges », rappelle un acteur de la société civile impliqué dans le suivi forestier. Les volumes attribués sont calculés sur la base des inventaires forestiers réalisés dans chaque concession, afin d’assurer une exploitation durable.

Pourtant, la procédure de délivrance des permis semble victime d’une certaine légèreté, tant du côté des sociétés forestières que des services compétents, en l’occurrence la Cellule de Planification et d’Exploitation (CPE). Certains exploitants profiteraient des retards pour introduire leurs demandes hors délai — après le 30 septembre de l’année précédant l’exercice — sans que la CPE n’applique de sanctions. Cette flexibilité administrative, loin d’être anodine, retarde la délivrance effective des permis avant le 1er janvier, date à laquelle ceux-ci doivent normalement être valides.

La conséquence directe de ce retard est grave : il défavorise la production annuelle légale de bois. Dans certains cas, des exploitants se voient contraints de couper avant même l’obtention du permis, exposant la forêt à un risque accru d’exploitation illégale et l’État à la perte de recettes et de contrôle sur l’activité. « Le permis est essentiel non seulement pour limiter les infractions forestières mais aussi pour garantir que les communautés locales et l’État bénéficient de cette activité économique », souligne un expert forestier.

La société civile congolaise, engagée depuis des années dans la surveillance de la filière forestière, interpelle donc la nouvelle Secrétaire générale du ministère de l’Environnement. L’appel est clair : décanter rapidement cette situation, responsabiliser les parties prenantes et rétablir le calendrier légal de délivrance des PCIBO. Sans mesures urgentes, la RDC risque de voir se répéter un cycle de retards et d’exploitation non contrôlée, au détriment de ses forêts et des communautés locales. Ce retard met également en lumière un enjeu plus structurel : le besoin urgent de renforcer les services d’octroi de permis, d’instaurer une stricte discipline administrative et d’assurer la transparence dans la gestion des ressources forestières, afin que la législation forestière, élaborée pour protéger la forêt et ses acteurs, ne reste pas lettre morte.

Par kilalopress

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