Kinshasa, 12 juillet 2024 – La 11ème session de la cellule technique sur la réforme foncière en République démocratique du Congo s’est ouverte à Kinshasa, suscitant des inquiétudes quant à ses véritables bénéfices pour les populations locales, notamment les communautés forestières affectées.
Lors de cet atelier, les représentants officiels ont vanté les mérites d’une nouvelle phase axée sur la sécurisation des investissements verts et la gestion durable des forêts, promettant des changements positifs à venir. Makanzu Ngu, porte-parole du secrétaire général aux Affaires foncières, a insisté sur l’importance de cette réforme pour garantir la paix sociale et la prospérité nationale.
Cependant, derrière cette rhétorique optimiste se cache une réalité plus sombre pour les populations locales, qui sont souvent les principales affectées par ces politiques. La réunion a surtout mis en lumière la poursuite d’une stratégie favorisant les investissements étrangers au détriment des droits fonciers des communautés autochtones et des populations rurales. Les discours sur l’inclusion et les bénéfices partagés masquent mal la réalité des expropriations et des déséquilibres de pouvoir qui persistent.
En effet, la réforme foncière, telle qu’elle est présentée, semble plus être une opportunité pour les grandes entreprises et les investisseurs internationaux de sécuriser leurs intérêts économiques que de réellement améliorer les conditions de vie des Congolais. Les précédentes sessions ont laissé des traces amères, avec peu de résultats tangibles pour les communautés locales qui voient leurs terres ancestrales exploitées sans compensation adéquate ni respect de leurs droits traditionnels.
La session actuelle a abordé la mise en œuvre des recommandations antérieures, mais sans garanties suffisantes quant à la protection des droits des populations autochtones et à la préservation de leur environnement naturel. Les discussions sur la paix sociale et la prospérité nationale sonnent creux lorsque la réalité sur le terrain dépeint un tableau bien différent : celui d’une exploitation continue des ressources naturelles au profit de quelques-uns, au détriment du bien-être général.
Il est essentiel que les autorités responsables de cette réforme prennent en compte les véritables besoins des populations locales et adoptent une approche plus inclusive et équitable. La terre ne doit pas seulement être un instrument de richesse pour quelques privilégiés, mais une ressource qui contribue réellement au développement durable et à la justice sociale en RDC.
Cette 11ème session de la réforme foncière en RDC soulève des préoccupations légitimes quant à ses impacts sur les communautés locales et l’environnement. Il est impératif que les décideurs politiques reconsidèrent leurs priorités et s’engagent véritablement à respecter les droits fonciers des populations autochtones, garantissant ainsi une véritable paix sociale et un développement durable pour tous les Congolais.
Cette réforme ne peut être considérée comme un succès que si elle répond aux besoins réels et aux aspirations légitimes de toutes les parties prenantes, sans compromettre l’avenir des générations futures.
La Rédaction
Voici la charte de propriété foncière en/pour Congo-Kinshasa, celle qui devrait résoudre les conflits fonciers ancestraux et planifier le profit aux services écosystémiques des générations actuelles et futures.
Lisez ici pour en avoir un briefing : https://kilalopress.net/actualites/kinshasa-charte-de-propriete-fonciere-en-rdc-un-espoir-pour-resoudre-les-conflits-fonciers-ancestraux/
Téléchargez-la ici https://drive.google.com/file/d/10k14y6sV7RZpfIqK0Sy46p8tkmZ-GQC2/view?usp=sharing
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