Réunis le 17 février 2026 à Kinshasa, le gouvernement congolais et le Programme des Nations Unies pour le Développement ont examiné l’état d’exécution du projet PAAJ, dont les résultats conditionnent un financement lié au partenariat avec la Central African Forest Initiative. Cette rencontre visait à apprécier les progrès réalisés fin 2025 et à préparer les décisions attendues avant mars 2026.
Convoquée conjointement par le gouvernement congolais et le Programme des Nations Unies pour le Développement, cette session n’avait rien d’une formalité de calendrier. À l’horizon de mars 2026 se joue en effet une séquence déterminante : la validation de jalons conditionnant le décaissement de la seconde tranche de financement et, plus largement, la crédibilité du partenariat entre la RDC et la Central African Forest Initiative.
Autour de la table, la diversité des institutions présentes traduisait la nature profondément transversale du projet. Les ministères en charge de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire, du Plan, des Mines et des Hydrocarbures, aux côtés de l’Agence congolaise de l’Environnement, de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives et du FONAREDD, ont participé à des échanges où la coordination interinstitutionnelle s’est imposée comme un enjeu central. À l’ouverture des travaux, le représentant du PNUD a rappelé que le PAAJ constitue un outil structurant, né d’un engagement conjoint entre l’État congolais, le FONAREDD, le PNUD et CAFI, visant à renforcer durablement la gouvernance des secteurs clés liés à l’utilisation des terres et des ressources naturelles.

Les discussions ont porté, de manière précise, sur l’état d’exécution du projet à la clôture de l’année 2025, l’examen des livrables attendus et l’appréciation des conditions de validation du Plan de travail et budget annuel 2026. Moins d’un an après la première réunion du Comité de pilotage, le bilan présenté fait apparaître une dynamique globalement jugée satisfaisante : 83 % des jalons sont en cours de progression, dont cinq entièrement atteints. Les jalons restés en attente ont été identifiés, assortis d’un calendrier devant permettre leur réalisation avant l’échéance de mars 2026. Selon les participants, cette trajectoire traduit une capacité réelle à transformer des engagements programmatiques en résultats mesurables, condition sine qua non de la poursuite du financement.
Le rapport annuel 2025, exposé par le conseiller technique principal du projet, Gérard Imani, a mis en lumière des avancées contrastées mais significatives selon les composantes. En matière d’aménagement du territoire, l’adoption et la promulgation de la loi dédiée marquent une étape normative majeure, appelée à structurer plus finement l’organisation de l’espace national et à améliorer l’articulation entre politiques sectorielles. Dans le domaine agricole, la vulgarisation de la politique nationale en quatre langues nationales apparaît comme un levier d’appropriation par les acteurs locaux, souvent tenus à distance des textes stratégiques. La composante forestière, au cœur des engagements climatiques du pays, a enregistré des progrès notables avec l’avancement du processus d’élaboration de la Politique forestière nationale, pierre angulaire d’une gestion durable des écosystèmes forestiers.
Les travaux ont également souligné l’importance du volet démographique, avec l’élaboration du diagnostic démographique national et la poursuite de la Politique nationale de population, deux outils destinés à éclairer une planification du développement plus intégrée. Dans les secteurs des mines et des hydrocarbures, le renforcement des capacités des acteurs en matière d’évaluation environnementale et sociale a été présenté comme une avancée concrète vers une meilleure prise en compte des exigences de durabilité dans les activités extractives, souvent pointées pour leurs impacts sur les territoires et les communautés.

Au total, 4 370 bénéficiaires directs ont été recensés à ce stade. La question de l’identification des bénéficiaires indirects et de la traçabilité des effets à moyen et long terme a toutefois suscité des échanges nourris, rappelant que la performance d’un projet de gouvernance ne se limite pas à l’atteinte de livrables, mais se mesure aussi à la qualité des transformations induites sur le terrain.
La dimension stratégique de l’échéance de mars 2026 a été soulignée par le FONAREDD, représenté par son secrétaire exécutif national adjoint, Faustin Boyemba. Celui-ci a insisté sur le fait que cette date dépasse le simple cadre administratif : elle s’inscrit dans la perspective du renouvellement du partenariat entre la RDC et CAFI en 2026. Selon lui, la crédibilité de l’ensemble du dispositif repose sur la capacité collective des parties prenantes à produire des résultats vérifiables, à la hauteur des engagements pris. Présenté dans cet esprit, le Plan de travail et budget annuel 2026 vise avant tout la consolidation des acquis. Sa validation reste conditionnée à la disponibilité effective des ressources, mais il dessine des priorités claires : finalisation des livrables critiques, renforcement du suivi-évaluation et amélioration de la coordination interinstitutionnelle. Autant de leviers jugés indispensables pour inscrire les réformes engagées dans un cadre cohérent et durable.

Au terme de la réunion, un constat partagé s’est imposé : la consolidation d’une gouvernance crédible passe par l’ancrage des actions dans un cadre légal et politique harmonisé, garantissant la complémentarité des réformes sectorielles. À l’approche de mars 2026, l’enjeu n’est plus seulement de respecter un calendrier, mais de démontrer, chiffres et faits à l’appui, que les orientations prises se traduisent en impacts tangibles pour les territoires, les écosystèmes et les populations. C’est à cette condition que le partenariat entre la République démocratique du Congo et CAFI pourra s’inscrire dans la durée.
Par kilalopress