Le Caucus des Environnementalistes de la République Démocratique du Congo suit avec attention les récentes alertes et campagnes de dénonciation concernant les impacts environnementaux et sanitaires de certaines activités minières dans la province du Lualaba, notamment celles impliquant Tenke Fungurume Mining (TFM) et Kamoto Copper Company (KCC). Dans un contexte marqué par l’intensification des enjeux géoéconomiques autour des minerais stratégiques, en particulier le cobalt dont la RDC demeure le premier producteur mondial, le Caucus rappelle que toute évaluation environnementale ou sanitaire doit impérativement reposer sur des bases scientifiques rigoureuses, vérifiables et conformes aux standards internationaux.
Concernant les émissions de dioxyde de soufre imputées à TFM, le Caucus prend acte des allégations formulées par certaines ONG internationales, telles que l’Environmental Investigation Agency (EIA). Toutefois, il constate avec préoccupation que ces accusations, largement relayées par les médias internationaux, ne s’appuient pas sur un lien de causalité scientifiquement démontré. L’absence de données quantitatives précises sur les niveaux d’émission, de comparaisons explicites avec les seuils réglementaires nationaux et internationaux, ainsi que d’études épidémiologiques établissant une corrélation directe avec les impacts sanitaires observés, fragilise la portée scientifique de ces allégations. Le Caucus met en garde contre toute instrumentalisation des normes environnementales à des fins de disqualification des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, dans un contexte de concurrence économique internationale accrue.
De même, concernant l’alerte radiologique sur le site de KCC à Kolwezi, évoquée par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, le Caucus souligne l’absence de données techniques quantifiées permettant d’en apprécier la portée réelle. Les niveaux d’activité radiologique exprimés en Becquerel, les concentrations mesurées, les seuils réglementaires de référence ou encore les doses réellement reçues par les populations en Sievert ne sont pas communiqués. Or, en matière de radioprotection, toute communication responsable doit se fonder sur des données mesurables et comparables aux normes internationales, telles que celles de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA). Sans ces éléments, les déclarations risquent d’alimenter une perception alarmiste et préjudiciable à la crédibilité du secteur minier congolais à l’international.
Tout en réaffirmant son attachement indéfectible à la protection de l’environnement et à la santé des populations, le Caucus dénonce toute tentative de stigmatisation sélective du secteur minier congolais et met en garde contre l’utilisation abusive des enjeux environnementaux comme instruments de guerre économique. Il exige que toute évaluation environnementale ou radiologique soit conduite dans un cadre scientifique rigoureux, transparent et contradictoire, et appelle les Ministères de l’Environnement et des Mines à renforcer les mécanismes nationaux de contrôle, de surveillance et de vérification. Il recommande la mise en place d’un système indépendant, continu et auditable de suivi des émissions atmosphériques et radiologiques, aligné sur les standards internationaux, notamment la norme GRI 14, et invite l’Agence Congolaise de l’Environnement (ACE) ainsi que la Direction de Protection de l’Environnement Minier (DPEM) à instaurer un dispositif national de transparence environnementale fondé sur des données fiables, accessibles et vérifiables.
Le Caucus rappelle enfin que la protection de l’environnement en République Démocratique du Congo ne saurait être dictée ni instrumentalisée par des intérêts extérieurs. Elle doit relever d’une approche souveraine, scientifique et responsable, au service exclusif du peuple congolais. Toute communication relative aux risques environnementaux ou sanitaires doit s’inscrire dans une logique de rigueur scientifique, de transparence et de responsabilité afin d’éviter toute dérive vers la désinformation, aux conséquences économiques et stratégiques potentiellement lourdes pour le pays.
Par kilalopress