RDC : Les Inondations de la rivière dipeta submergent des habitations et déplacent des familles

Les récentes crues de la rivière Dipeta ont forcé plusieurs familles à quitter leur domicile, endommageant biens et infrastructures. Selon une organisation citoyenne locale, les activités minières, l’occupation anarchique du lit de la rivière et l’accumulation de déchets aggravent ces débordements.

Le long de la rivière Dipeta, la saison des pluies a une nouvelle fois pris des allures de catastrophe ordinaire. Les eaux sont sorties de leur lit, envahissant des habitations construites au plus près des berges et contraignant plusieurs familles à fuir dans l’urgence. Des maisons se sont retrouvées submergées, des biens ont été endommagés, et avec eux s’est installé un sentiment durable d’insécurité, selon des témoignages recueillis sur place. À en croire des sources locales, ces inondations ne relèvent pas uniquement d’un aléa naturel. Une organisation citoyenne implantée dans la zone estime que la situation résulte d’une accumulation de pratiques humaines qui fragilisent progressivement l’équilibre déjà précaire du bassin versant de la Dipeta. D’après ses analyses, trois facteurs principaux contribueraient à amplifier la violence des crues.

Le premier concerne les activités d’une entreprise minière locale. Selon cette organisation, lors de fortes pluies, la société procède à l’ouverture de son bassin de rétention afin d’évacuer les eaux issues de son usine. Ces déversements, qui se produiraient au moment même où la rivière est déjà gonflée par les précipitations, augmenteraient brusquement le volume d’eau dirigé vers la Dipeta. Des observateurs estiment que cette pratique accroît mécaniquement le risque de débordement en aval, exposant directement les populations riveraines.

Le second facteur mis en avant touche à l’occupation anarchique du lit de la rivière. La Dipeta est utilisée par des exploitants artisanaux pour le lavage des minerais, une activité qui, selon plusieurs acteurs du secteur, modifie le cours naturel de l’eau. Les remaniements du lit et l’accumulation de sédiments réduiraient la capacité d’écoulement de la rivière, la rendant plus vulnérable lors des épisodes pluvieux intenses. Dans ce contexte, la moindre hausse du niveau de l’eau suffit à provoquer des débordements rapides. À cela s’ajoute un troisième élément, plus diffus mais tout aussi déterminant : la pollution par les déchets. D’après les constats de terrain rapportés par l’organisation citoyenne, des bouteilles en plastique et d’autres détritus s’accumulent dans le lit et sur les berges de la Dipeta. En obstruant le passage de l’eau, ces déchets entravent l’écoulement normal et favorisent des retenues artificielles qui cèdent brutalement sous la pression des pluies, transformant la crue en inondation destructrice.

Face à cette situation, la société civile plaide pour une prise de conscience collective, tout en appelant à la prudence dans l’analyse des responsabilités. Elle insiste notamment sur la nécessité d’une gestion plus rigoureuse des déchets et invite les autorités compétentes à se pencher sur la pratique du lavage des minerais dans la rivière Dipeta, jugée particulièrement risquée pour l’équilibre hydrologique local. Un appel à l’assistance humanitaire a également été lancé afin de venir en aide aux sinistrés, aujourd’hui privés de moyens de subsistance. Au-delà de l’urgence, ces inondations interrogent la capacité des territoires riverains à faire face à la combinaison du changement climatique, de la pression minière et d’une urbanisation peu régulée. Dans le bassin de la Dipeta, comme ailleurs en République démocratique du Congo, la répétition de tels épisodes rappelle que la gestion des rivières n’est pas seulement une question technique, mais un enjeu social et environnemental majeur, dont les premières victimes restent les populations les plus exposées.

Par kilalopress

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