RDC : Budget 2026 – 7 milliards USD pour les investissements, presque rien pour l’environnement

Le 11 décembre 2025, devant les sénateurs, le Vice-Premier Ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a présenté le projet de loi de finances pour l’année 2026, estimé à 22 milliards USD. Si le gouvernement vante une modernisation fiscale ambitieuse et une croissance économique prometteuse, le texte suscite déjà de vives interrogations. Selon certaines sources locales, les priorités choisies semblent laisser de côté l’environnement, l’agriculture et les communautés locales.

Plusieurs observateurs s’inquiètent de la situation foncière qui reste explosive en RDC. Les expropriations se multiplient souvent sans compensation, dans un cadre légal jugé obsolète et peu protecteur des citoyens. À en croire nos sources, les réformes législatives en cours pourraient représenter une opportunité pour introduire la transparence et la participation citoyenne, mais le budget 2026 ne traduit pas encore cette priorité.

Le projet de budget présenté ce jour-là semble également déconnecté des ambitions nationales et continentales. Alors que la RDC vise l’émergence et s’aligne sur les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Agenda 2063 de l’Union africaine, le texte adopté privilégie principalement la défense ce qui est une bonne chose, les infrastructures et le renforcement des salaires des agents de l’État. Les subventions et transferts pour soutenir certaines entreprises publiques sont en hausse, mais selon plusieurs sources, l’agriculture et la protection de l’environnement restent sous-financées, et les engagements continentaux, comme la dépense d’au moins 10 % du budget pour le secteur agricole, semblent loin d’être respectés.

La transparence budgétaire apparaît également insuffisante. Selon certains analystes congolais interroger par kilalopress, la population devrait pouvoir participer au suivi et à l’évaluation des politiques publiques, mais le budget 2026 ne prévoit aucun mécanisme concret pour que les citoyens et la société civile puissent jouer pleinement ce rôle. La digitalisation des procédures, la modernisation de la TVA et le renforcement de l’impôt sur le revenu sont présentés comme des mesures phares, mais aucun dispositif n’est prévu pour relier ces réformes à la protection de l’environnement ou à la traçabilité des activités polluantes. Cela soulève des questions sur la cohérence entre ambition économique et développement durable.

En définitive, le budget 2026, ambitieux sur le papier, laisse apparaître un décalage préoccupant entre les promesses de modernité et les besoins réels des communautés et de l’environnement. À en croire plusieurs analystes, la RDC devra veiller à ce que ses prochaines révisions budgétaires mettent enfin l’agriculture, la protection des écosystèmes et la transparence citoyenne au cœur des priorités, pour que l’argent public serve réellement le développement durable.

Par kilalopress

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