RDC : l’ACEDH félicite la mission de terrain de la ministre de l’Environnement au Lualaba contre les crimes environnementaux et plaide pour la lutte contre la pollution et l’impunité à Moanda et au lac Albert

L’ONG ACEDH a exprimé sa satisfaction après une mission de terrain conduite dans la province du Lualaba par la ministre de l’Environnement Marie Nyange Ndambo, visant à constater des crimes environnementaux liés aux activités minières. Selon cette organisation, cette initiative récente renforce la lutte contre les atteintes à l’environnement et devrait être étendue à d’autres zones affectées du pays.

La mission, conduite par Son Excellence Madame la Professeure Marie Nyange Ndambo, ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat, visait à constater directement l’ampleur des atteintes environnementales imputées aux exploitants miniers opérant dans cette région stratégique du sud-est de la République démocratique du Congo. D’après cette correspondance, le caractère inhabituel de l’initiative a retenu l’attention. Les auteurs soulignent qu’il est rare, « de mémoire d’hommes », de voir une délégation ministérielle procéder à des contrôles in situ pour « palper du doigt » les crimes environnementaux dénoncés de longue date par les communautés locales et les organisations de la société civile. À leurs yeux, cette démarche revêt un intérêt public évident, tant elle touche à la sauvegarde sociale, à la protection des écosystèmes et à la restauration de l’autorité de l’État dans un secteur souvent marqué par l’impunité.

Le document insiste sur la portée symbolique et institutionnelle de cette descente. À en croire l’ACEDH, ces actions traduisent une volonté politique affirmée d’instaurer une gouvernance plus rigoureuse des ressources naturelles. Elles constitueraient, selon les termes employés, une « plus-value » susceptible de marquer durablement l’histoire du ministère, dans un contexte où l’exploitation minière reste l’un des principaux moteurs économiques du pays, mais aussi l’une des sources majeures de dégradation environnementale.

Toutefois, la lettre ne s’arrête pas à cet encouragement. Elle élargit le regard à d’autres territoires où des situations similaires, voire plus anciennes, demeurent sans réponse effective. L’organisation cite notamment la zone de Moanda, dans la province du Congo Central, où l’entreprise pétrolière PERENCO exploite des champs depuis plusieurs années. Selon cette lettre, des pollutions y auraient entraîné des conséquences sanitaires directes pour les populations riveraines, contraintes d’utiliser des eaux contaminées par des substances nocives déversées dans les cours d’eau. L’ACEDH estime que ces dommages environnementaux s’accompagnent de violations persistantes des droits humains, en particulier du droit à la santé, et que leur simple cessation ne saurait suffire sans un mécanisme de réparation pour les victimes.

Le même constat est étendu à d’autres régions du pays — de l’Ituri au Kasaï, du lac Albert au Maniema, en passant par le Haut et le Bas-Uélé, la Tshopo, le Nord et le Sud-Kivu — où, selon cette organisation, des sociétés minières, des opérateurs économiques chinois et certaines coopératives d’exploitation de l’or et du bois poseraient des actes qualifiés de criminels. Ces pratiques porteraient atteinte à l’intérêt public, aux aires protégées, à la santé publique et aux moyens de subsistance des communautés locales, en particulier en milieu rural, déjà fragilisées par la pauvreté et l’insécurité. Face à cet état des lieux, la lettre appelle à une implication personnelle accrue de la ministre, jugée « très utile » pour faire cesser ces dérives. Les signataires plaident pour des instructions claires et fermes à l’encontre des entreprises exploitant les ressources naturelles du pays au détriment des populations qui devraient, selon eux, bénéficier en priorité de ces richesses. Ils recommandent notamment une descente officielle à Moanda afin d’évaluer l’ampleur des pollutions liées à l’exploitation pétrolière et de décider des mesures contraignantes, incluant l’atténuation des impacts et l’indemnisation des victimes recensées. Sont également évoqués d’autres cas, tels que certaines exploitations industrielles et artisanales, y compris des sites opérés par des dragues détenues par des ressortissants étrangers non autorisés, accusés de négliger les conséquences sanitaires, sociales et écologiques de leurs activités.

Au-delà des interventions ponctuelles, l’ACEDH relance un chantier institutionnel plus large. Elle recommande, selon cette lettre, une mise en œuvre « assouplie » mais effective de l’opérationnalisation des juridictions spécialisées chargées de poursuivre les crimes environnementaux, une promesse déjà évoquée dans l’un des discours de la ministre. L’organisation suggère également de saisir le ministère de la Justice afin d’obtenir une injonction adressée au Procureur général près la Cour de cassation, l’enjoignant d’engager des poursuites sans réserve contre les entreprises et individus présumés auteurs de ces crimes. Le document est signé par Me Bahemuke Ndoole Olivier, secrétaire exécutif de l’ACEDH, qui exhorte le gouvernement à soutenir ces initiatives au nom d’une protection durable de l’environnement et des droits humains. En filigrane, la lettre révèle une attente forte : que l’élan observé dans le Lualaba ne demeure pas un épisode isolé, mais s’inscrive dans une dynamique nationale de contrôle, de justice environnementale et de restauration de la confiance entre l’État, les territoires et les communautés affectées.

Par kilalopress

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