À Kasenyi, dans la province de l’Ituri en République démocratique du Congo, les communautés riveraines du lac Albert font face à une double pression : la nécessité de préserver leurs moyens de subsistance traditionnels – principalement la pêche – et la montée des menaces liées aux projets d’exploitation des énergies fossiles. Dans ce contexte, l’activité de mobilisation et de consultation des défenseurs locaux de la biodiversité et des moyens de subsistance, organisée par l’ACEDH avec le soutien de la Fédération des Comités des Pêcheurs du Lac Albert (FECOPELA), constitue une démarche essentielle.
Cette initiative vise à renforcer la participation des communautés locales aux décisions qui les concernent, en particulier celles touchant à la préservation de leur environnement naturel et à la gestion durable de leurs ressources. En donnant la parole aux pêcheurs, aux femmes, aux jeunes et aux anciens du village, l’activité permet de recueillir des savoirs locaux précieux et de faire remonter les préoccupations directement issues du terrain.
Les impacts négatifs potentiels des projets liés aux énergies fossiles sont multiples : pollution des eaux, dégradation des écosystèmes aquatiques, diminution des ressources halieutiques, et par conséquent, insécurité alimentaire pour des milliers de personnes qui dépendent du lac. Ces enjeux ont été au cœur des discussions menées lors des sessions de consultation. En y participant activement, les communautés ont exprimé leur volonté de protéger la biodiversité tout en défendant leur droit fondamental à un environnement sain et à des moyens de subsistance durables.

L’initiative menée par l’ACEDH, avec l’appui logistique et institutionnel de la FECOPELA, a permis d’établir un cadre de dialogue inclusif, où chaque acteur local a pu proposer des solutions adaptées à son contexte. Des propositions concrètes ont émergé, comme la création de comités de veille environnementale, des campagnes locales de sensibilisation, ou encore des appels à la transparence dans la gestion des projets énergétiques en cours dans la région.
En rassemblant les différents segments de la population autour d’un objectif commun, cette mobilisation contribue à renforcer la résilience des communautés face aux menaces environnementales. Elle rappelle également que toute politique de gestion durable des ressources naturelles doit impérativement inclure ceux qui en dépendent directement pour vivre. L’expérience de Kasenyi démontre que les communautés locales, lorsqu’elles sont consultées et outillées, peuvent devenir les premiers acteurs de la protection de leur territoire. Cette initiative n’a pas seulement permis de faire entendre leurs voix, mais aussi de renforcer leur capacité à agir collectivement pour un avenir plus durable et équitable.
Par kilalopress