RDC – Ebola, une zoonose meurtrière de retour au Kasaï : déjà 16 morts à Bulape

Bulape, RDC — La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola, officiellement déclarée ce jeudi 4 septembre dans la zone de santé de Bulape, située dans la province du Kasaï. Ce retour du virus dans une région déjà frappée par le passé suscite l’inquiétude des autorités sanitaires, d’autant plus que cette résurgence s’accompagne d’un taux de létalité particulièrement élevé.

Selon le ministre de la Santé publique, Samuel Kamba, les premières analyses réalisées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont confirmé la présence du virus Ebola dans plusieurs échantillons. Le bilan provisoire fait état de 28 cas suspects, dont 16 décès. Parmi les victimes figurent quatre agents de santé. Avec un taux de létalité de 57 %, cette nouvelle flambée illustre la gravité de la situation, bien que ces chiffres puissent encore évoluer au fur et à mesure des investigations en cours.

En collaboration avec ses partenaires, le gouvernement provincial a déployé une réponse d’urgence. Celle-ci comprend la recherche active de cas, l’identification et le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades, la mise en place de centres de traitement spécialisés, ainsi qu’une campagne de sensibilisation auprès des communautés locales. La population est invitée à suivre scrupuleusement les mesures de prévention, notamment en évitant tout contact physique avec les malades ou les corps des personnes décédées dans des circonstances suspectes.

Cette nouvelle épidémie ravive les souvenirs douloureux des années précédentes. Le territoire de Mweka, où se situe Bulape, a déjà été touché par Ebola en 2007, 2008 et 2011. L’épidémie de 2007 reste la plus meurtrière, avec plus de 260 cas enregistrés et 187 décès, selon les archives sanitaires.

La maladie à virus Ebola est une zoonose, c’est-à-dire une infection d’origine animale transmissible à l’être humain. Le virus est vraisemblablement hébergé par certaines espèces de chauves-souris frugivores, qui en sont les réservoirs naturels. La transmission à l’homme peut survenir par contact direct avec des animaux infectés, comme les singes ou les antilopes, ou lors de la manipulation de carcasses. Une fois le virus introduit dans la population humaine, il se propage par contact avec le sang, les fluides corporels ou les sécrétions des personnes infectées.

La RDC n’en est pas à sa première épreuve : il s’agit de la 16e épidémie d’Ebola sur son territoire depuis 1976, année où le virus a été identifié pour la première fois dans l’ex-province de l’Équateur. Si les expériences passées ont permis de renforcer la capacité de réponse du pays, chaque résurgence représente un défi majeur pour les infrastructures sanitaires, les équipes médicales et les communautés locales. Le cas de Bulape rappelle que la lutte contre Ebola reste un combat de longue haleine, qui nécessite vigilance, prévention et solidarité à tous les niveaux.

Par kilalopress

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