RDC : Clôture de la Table Ronde sur le Crédit Bonobo – Vers une feuille de route innovante pour la conservation de la biodiversité

Kinshasa, Juillet 2025 – Dans l’enceinte feutrée du Centre international de conférence de Kinshasa, alors que les dernières discussions s’achevaient dans une ambiance concentrée, une certitude émergeait : la République Démocratique du Congo vient d’ouvrir un nouveau chapitre pour la préservation de sa biodiversité. La Table Ronde nationale sur le Crédit Bonobo, impulsée par le gouvernement congolais avec l’appui de partenaires techniques et financiers internationaux, a livré une synthèse ambitieuse : bâtir un mécanisme national solide, juridiquement viable et écologiquement innovant, pour que le bonobo devienne à la fois symbole et levier de financement de la conservation en RDC.

Les trois jours d’intenses discussions, d’ateliers en carrefour et de consultations hybrides ont permis à des dizaines d’experts, d’acteurs locaux, de juristes, de scientifiques et de décideurs politiques de poser les bases d’une feuille de route qui, à bien des égards, dépasse le simple cadre de la protection d’une espèce emblématique. Il s’agit ici d’une refondation du lien entre économie verte, communautés locales et souveraineté environnementale.

Dans une salle remplie de regards attentifs et de carnets annotés, le professeur Valentin conservateur Principal et Chef de site de la RFLY · Institut Congolais pour la Conservation de la Nature(ICCN),et figure académique majeure de la conservation congolaise, a pris la parole avec prudence mais clarté : « Il n’existe pas encore de Crédit Bonobo opérationnel. Nous fonctionnons actuellement grâce aux soutiens de la Fondation Arcus et de la province d’Anvers. » Une déclaration à la fois lucide et stratégique, soulignant la nécessité d’une pérennisation du financement par des mécanismes innovants. L’intervention de Maître Augustin Mpoyi, avocat et expert en droit environnemental, a, elle, fait vibrer un autre axe crucial : le vide juridique. « Il est temps d’ancrer la biodiversité dans un droit environnemental plus robuste, cohérent, et aligné sur les réalités du terrain », a-t-il lancé, provoquant des hochements de tête approbateurs parmi les délégués.

Mais c’est dans les ateliers, répartis par thématiques, que le cœur technique du projet s’est dessiné. On y a parlé catégorisation UICN, gouvernance partagée, traçabilité financière, et surtout, reproductibilité. Car le modèle pilote ne doit pas rester unique : les aires protégées de catégorie VI, qui permettent l’usage durable des ressources naturelles, pourraient accueillir d’autres projets similaires. Les participants, qu’ils soient venus du parc de Lomako-Yokokala, de la Salonga ou des territoires communautaires, sont repartis avec des outils, des idées, et parfois même des partenaires potentiels.

Le point d’orgue de cette rencontre ? La lecture du communiqué final par la Ministre d’État en charge de l’Environnement, dans une salle à la fois émue et déterminée. D’une voix ferme mais chaleureuse, elle a rappelé la place de la RDC comme véritable « poumon du monde ». Et surtout, elle a livré une phrase qui résonne encore comme une devise : « Protéger la nature, c’est permettre à la nature de nous protéger. Protéger la RDC, c’est préserver l’espoir du monde. » À travers ce plaidoyer puissant, le gouvernement congolais réaffirme sa volonté de concilier développement, conservation et souveraineté. Et le Crédit Bonobo, au-delà de son nom poétique, devient un outil technique, un symbole fédérateur et un possible catalyseur de financements climatiques à venir.

Si la feuille de route adoptée reste encore à mettre en œuvre, son architecture est claire : construction d’un cadre légal cohérent, mobilisation des partenaires financiers, inclusion des communautés locales et mise en place de mécanismes de suivi-évaluation robustes. Des termes qui peuvent paraître technocratiques, mais qui, dans le contexte de la RDC, sont les piliers d’une approche réellement transformatrice. Dans les couloirs du centre de conférence à la sortie, quelques échanges entre représentants de l’administration et membres d’ONG se poursuivait. L’un d’eux glisse discrètement : « Ce qu’on vient de poser là, c’est un socle. Si on tient le cap, le Crédit Bonobo pourrait devenir un modèle régional dans les pqys du bassin du congo. »

Rien n’est encore gagné, mais une dynamique est lancée. Pour les bailleurs, les chercheurs, les ONG de conservation et les responsables locaux, c’est désormais le moment de passer de l’intention à l’action. Et pour les bonobos, espèce endémique et vulnérable, c’est peut-être la promesse d’un avenir un peu moins incertain.

Par Deo MALELA

Un commentaire sur « RDC : Clôture de la Table Ronde sur le Crédit Bonobo – Vers une feuille de route innovante pour la conservation de la biodiversité »

  1. Nous saluons cette approche innovante pour la gestion de la biodiversité, le crédit bonobo va encourager les communautés locales et autochtones a préserver davantage les ressources forestières . Pour y arriver ,il faudrait tenir compte des savoirs traditionnels dans le respect des us et coutumes par une gestion communautaire participative.

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