RDC : 700 km² de forêts communautaires supplémentaires reconnus dans la zone de Nkuba pour renforcer la protection de la biodiversité

Kinshasa/Atlanta, 21 avril 2026 – À l’occasion de la Journée de la Terre, le Dian Fossey Gorilla Fund a annoncé une nouvelle avancée dans la conservation en République démocratique du Congo avec la reconnaissance officielle de 700 kilomètres carrés supplémentaires de forêts communautaires dans la zone de Nkuba, au cœur du bassin du Congo.https://gorillafund.org/congo/this-earth-day-the-dian-fossey-gorilla-fund-scales-community-led-wildlife-protection-in-the-democratic-republic-of-the-congo/

Selon le communiqué de l’organisation, cette décision a été obtenue en collaboration avec les autorités congolaises et les communautés locales, dans le cadre des Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL), un dispositif juridique qui permet aux populations d’obtenir la reconnaissance légale de leurs terres ancestrales et de les gérer de manière durable et permanente. Toujours selon le Dian Fossey Gorilla Fund, ce mécanisme autorise également une exploitation encadrée de certaines ressources essentielles comme l’eau ou les plantes médicinales, tout en maintenant un objectif de conservation à long terme.

Dans la zone de Nkuba, située dans l’Nkuba Conservation Area, cette extension renforce un corridor écologique stratégique du Congo Basin, considéré comme l’un des plus importants réservoirs de biodiversité et de stockage de carbone au monde. D’après les informations fournies par l’organisation, l’objectif est de consolider la protection des écosystèmes tout en soutenant un modèle où les communautés locales deviennent les principales gestionnaires de leurs forêts.

Cette approche est particulièrement cruciale pour la survie du Grauer’s gorilla, une espèce classée parmi les primates les plus menacés au monde. Selon le Dian Fossey Gorilla Fund, la majorité de ces gorilles vit en dehors des parcs nationaux, dans des forêts communautaires, ce qui rend leur protection directement dépendante de la reconnaissance légale et de la gestion durable de ces espaces par les populations locales.

Dans ce contexte, Urbain Ngobobo, directeur pays du Fonds en RDC, estime que « les gardiens les plus efficaces de la terre sont ceux dont l’avenir dépend d’elle », une déclaration reprise dans le communiqué officiel de l’organisation. Il souligne, toujours selon le Fonds, que le modèle communautaire permet d’aligner les droits des populations sur leurs intérêts économiques et environnementaux, en favorisant une gestion durable des ressources naturelles.

Sur le terrain, la zone de Nkuba illustre cette dynamique. D’après le Dian Fossey Gorilla Fund, elle a plus que triplé de superficie en 15 ans pour atteindre environ 2 400 km², à mesure que les communautés rejoignent progressivement le programme de conservation. L’organisation précise également que 75 % de cette superficie bénéficie désormais d’un statut légal officiel, tandis que les 25 % restants sont encore en cours de reconnaissance.

Toujours selon les données du Fonds, un accord de gestion sur 25 ans, signé en 2021, encadre ce processus de long terme. Les résultats avancés sont significatifs : la chasse aux gorilles aurait cessé dans la zone depuis 15 ans, et certaines espèces disparues localement, comme les éléphants de forêt, réapparaissent progressivement, selon les observations partagées par l’organisation.

Farming in Nkuba in DR Congo

La zone de Nkuba est par ailleurs reconnue comme une zone clé pour la biodiversité et fait l’objet d’études en vue d’une possible classification comme “Other Effective Conservation Measure (OECM)”, un statut international qui valorise les initiatives de conservation en dehors des aires protégées classiques, indique le Fonds Dian Fossey.

Pour Dr Tara Stoinski, présidente-directrice générale et scientifique en chef de l’organisation, cette dynamique confirme l’efficacité du modèle communautaire. Elle affirme, dans des propos cités par le Fonds, que « Dian Fossey nous a appris que la conservation est une lutte pour l’avenir », ajoutant que dans le bassin du Congo, cette lutte est aujourd’hui portée par les communautés locales elles-mêmes.

Elle souligne également, toujours selon la même source, que lorsque les populations disposent des moyens de protéger leurs terres, l’ensemble de l’écosystème peut prospérer.

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En parallèle des avancées enregistrées en République démocratique du Congo, le travail historique du Fonds en Afrique de l’Est est mis en lumière à travers la diffusion du documentaire A Gorilla Story: Told by David Attenborough sur la plateforme Netflix, depuis le 17 avril 2026. Selon les informations de l’organisation, ce film revient sur l’histoire des gorilles des montagnes au Rwanda et sur l’héritage scientifique et militant de Dian Fossey.

Fondé en 1967 par la primatologue Dian Fossey, le Dian Fossey Gorilla Fund reste aujourd’hui, selon sa propre présentation institutionnelle, la plus ancienne et la plus grande organisation dédiée à la conservation des gorilles dans le monde, active à la fois en RDC et au Rwanda, où elle combine recherche scientifique, protection des habitats et soutien aux communautés locales vivant dans les forêts.

Par kilalopress

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